Réflexions

Le Mythe de la Viande Heureuse & Autres Contes Merveilleux (1/2)

 14 janvier 2013

Les minorités humaines sont souvent malmenées. Heureusement, aujourd’hui nombreux sont ceux qui, se qualifiant d’humanistes sont prêts à défendre les opprimés. Dans nos sociétés, on s’accorde à dire que la voie à suivre est celle de la liberté, de l’égalité et du respect.

On rencontre également souvent des « amis des animaux » prêts à défendre aussi ces derniers des oppressions. Certains se révoltent contre la corrida, la fourrure, la vivisection, la chasse d’espèces animales en voie d’extinction, d’autres contre les maltraitances envers les animaux domestiques, etc.

Mais combien voient un problème à l’exploitation quotidienne que subissent les animaux d’élevage par exemple ? Combien crient que tous les animaux quels qu’ils soient ont le droit à la vie et ne devraient pas souffrir de notre main. Combien s’élèvent pour dire stop à l’esclavagisme des autres espèces terrestres par les humains ? Que deviennent les notions de liberté, d’égalité et de respect si souvent scandées ?

Seuls les « trop sensibles » végétariens rejettent la viande et uniquement les « intégristes extrémistes » vegans refusent de contribuer de quelque manière que ce soit à ce qu’ils décrivent comme une tyrannie. Comment est possible une telle différence de traitement ?

Tout comme la corrida, la chasse et la pêche, la vivisection, la fourrure et le cuir, comme tous les produits animaux, la viande sans souffrance ni exploitation n’existe pas. Elle représente même une des plus grande source de souffrance animale de nos jours. Peu de gens sont prêt à entendre ce fait, pourtant, c’est bien un fait. Alors bien sûr, il existe de nombreuses façons de réagir.

Dans cet article sont énumérées un certain nombre de stratégies que l’on met en place afin de ne pas réfléchir plus profondément aux problèmes de la viande, ou agir pour enrayer ces problèmes. J’ai tenté de révéler à chaque fois en quelques phrases simples la réalité derrière les histoires et contes que l’on se raconte en renvoyant vers des liens et articles en rapport avec les différents sujets. Le but est d’inciter à aller plus loin dans la réflexion, libre à vous de cliquer pour en apprendre plus !

Les réponses proposées n’apportent pas toujours de preuves scientifiques, les classifications ne sont pas calquées sur la psychologie, mais ce qui est partagé ici tient du bon sens. Vous verrez que de nombreuses idées se complètent ou se chevauchent dans cet article en deux parties, n’hésitez donc pas à lire la totalité de cet article en prenant votre temps afin d’avoir une vue globale.

L’évitement ou le contournement :

  • Consommer de la viande « éthique » :

Histoire : Acheter bio, aller chez le petit fermier qui traite bien ses animaux.

En pratique : La notion de bien-être animal n’est à ce jour garantie d’aucune façon par quelque filière que ce soit.

L’agriculture biologique propose dans la majorité des cas des conditions de vie vaguement moins intolérables que l’agriculture « classique ». Toutefois, comme on peut le comprendre dans ce message d’Ecocert (issu d’une correspondance) « La  réglementation relative  à  la  production  biologique prévoit  que  « toute souffrance, y compris la mutilation, est réduite au minimum pendant toute la durée de vie de l’animal, y compris lors de l’abattage » (article 14 1.b) viii) du règlement CE 834/2007). Mais  elle ne  définit  pas  la  notion  de  « souffrance  réduite  au  minimum »(…)« , le bien-être animal reste à la discrétion des éleveurs. Pour finir, le transport et les abattoirs sont bien les mêmes pour tous. Le bien-être que tente de garantir le bio est celui des consommateurs, comme on peut le voir sur ce site de lobbying pour la viande biologique qui ne mentionne absolument pas le bien-être animal dans les raisons de choisir le bio.

Autre solution, les rassurants petits producteurs. La notion de « petit producteur » ne veut absolument rien dire. Alors bien sûr, il existe des producteurs pour qui le bien-être des animaux est primordial. Toutefois, premièrement, nous ne sommes pas derrière le producteur du début à la fin de la « production » pour vérifier ses pratiques. De plus, quand on sait que l’écrasante majorité des élevages en France sont de type intensif, on est en droit de douter… Tous ces gens qui disent acheter chez « le petit producteur » connaissent-il réellement un petit producteur ? Finalement, choyer des bêtes pour ensuite les envoyer se faire tuer, cela a-t-il un sens ? Enverriez-vous votre chien ou chat adoré à l’abattoir pour payer vos factures ?

Pourcentage d'élevage intensif en France

Finalement, dans tous les cas, tous les animaux sont envoyés très jeunes dans les mêmes abattoirs pour y mourir à la chaîne.

  • Ne plus consommer de viande rouge :

Histoire : se rabattre sur la volaille et le poisson.

En pratique : Premièrement, il est bon de rappeler que les volailles et les poissons sont également des animaux et que leur chair est de la viande (pour rappel, le jambon aussi, c’est de la viande).

Ensuite, dans le silence de la mer, les poissons souffrent également. Les volailles sont également des êtres sentients capables d’empathie.

Pour ce qui est des problèmes écologiques, s’il y a une très sensible différence entre la viande rouge et d’autres viandes, cette dernière n’est véritablement marquée qu’avec une alimentation végétale.

Gaz à effet de serre selon l'alimentation pratiquée

  • Se déculpabiliser :

Histoire : donner de l’argent ou du temps à des organisations humanitaires ou des associations de protection animale.

En pratique : Il est très positif d’aider de telles organisations. Toutefois, cela ne nous empêche pas de faire également de bonnes actions tous les jours.

On peut mener plusieurs combats à la fois pour le bien-être de tous et il n’est pas incompatible de penser aux humains et aux autres animaux. Il semblerait même que les végéta*iens montrent plus d’empathie envers les humains que les omnivores. De plus, la violence infligée par la viande peut être arrêtée facilement à notre échelle contrairement à d’autres fléaux, alors pourquoi ne pas abolir ces souffrances en changeant simplement notre mode de consommation.

Bon point pour les actions de tous les jours, alors que les dons d’argent ou de temps peuvent être difficiles pour certains, ne pas manger de viande par exemple est à la portée de tous. En effet, le prix de la viande étant important, la remplacer par des végétaux est toujours meilleur marché. Une bonne action qui fait du bien au porte-monnaie, qui peut dire non ?

Finalement, en ne consommant plus de viande, on fait du bien à toute la planète : écologie, inégalités entre êtres humains, santé, c’est un tout en un !

Le déni ou la dénégation :

  • Minimiser son rôle :

Histoire : « ce n’est pas parce que j’arrête que tout va changer », « je mange extrêmement peu de viande ».

En pratique : Sauver des vies, ce n’est pas rien et c’est possible en ne mangeant pas d’animaux.

S’abstenir de manger de la viande ne serait-ce qu’une fois par semaine équivaut déjà à sauver des millions d’animaux au niveau mondial. Il ne faut pas sous-estimer la portée de nos repas sans souffrance, chaque vie sauvée est précieuse.

Vous mangez déjà peu de viande ? Super, alors vous savez déjà comment préparer de bons petits plats végétaux. Maintenant pourquoi ne pas aller plus loin ? En mangeant progressivement moins d’animaux, vous faites un pas chaque jour vers plus de vies sauvées. Finalement ce n’est qu’en arrêtant complètement la consommation de produits animaux que l’on ne contribue plus à cette exploitation et à ses diverses conséquences.

  • Jeter la pierre à d’autres :

Histoire : « ce sont les éleveurs qui font du mal aux animaux », « la faute à l’industrialisation ».

En pratique : Si l’on ne consomme plus, ce ne sera plus produit.

Rien n’est tout blanc ni tout noir, nous sommes tous impliqués. Les éleveurs se plient aux exigences du marché et les industries étudient les volontés des consommateurs qui achètent majoritairement des aliments carnés bon marché. Si la demande change, la filière devra s’adapter. Nous pouvons donc faire bouger les choses avec notre consommation. Bien sûr, plus nous seront nombreux, plus l’impact sera important.

  • S’en balancer et ne pas y penser, ou se dire qu’on assume :

Histoire : « on a mieux à faire »,  »on doit tous mourir de toute façon », « le monde entier est horrible alors… »

En pratique : Mieux à faire ? T’as « piscine », c’est ça ? Pas de problème, ça marche même à la piscine puisqu’il n’y a rien à faire, il suffit d’éviter la viande.

Que l’on meure tous, c’est un fait. Toutefois, la totalité d’entre nous n’est pas élevé puis tué dans l’enfance pour satisfaire les envies d’autres êtres.

Le monde entier est peut-être horrible, mais voilà justement un moyen de le rendre un peu plus chouette très facilement. Aider à faire un monde moins moche en modifiant simplement sa consommation, ce serait quand même dommage de rater cette opportunité ! De plus, il est vrai qu’il est difficile de penser à la paix mondiale quand exploiter et tuer des êtres sensibles est perçu comme « normal » dans la plupart des sociétés. Et si nous acceptions de faire un premier pas vers la paix grâce au contenu de notre assiette ?

  • Tout rapporter à des choix personnels :

Histoire : « c’est ton choix, je le respecte, respecte donc le mien ».

En pratique : C’est ton choix de manger de la viande et le mien de ne pas en manger, c’est vrai. Mais à quel moment laisse-t-on à l’animal mangé, en d’autres termes la victime, le  choix de vivre et de ne pas souffrir ?

Quand nos choix ont des conséquences, la morale nous incite à voir un peu plus loin que le bout de nos choix, particulièrement quand cela implique des êtres sentients.

  • Nier la capacité des animaux à ressentir et à souffrir :

Histoire : « quelles sont vos sources prouvant que les animaux ont mal ? », « les animaux sont idiots de toute façon. »

En pratique : Ah, nous y voilà, comment savoir que les animaux souffrent. Mais au fait, comment savoir qu’ils ne souffrent pas ?

Il existe de plus en plus d’études travaillant sur l’intelligence et la sentience animale. La question qui nous intéresse n’est pas tant de savoir quel est le niveau d’intelligence d’un animal que sa capacité à ressentir.

Bien sûr, comme pour les bébés humains, on ne peut être sûrs à 100% de ce que tous les animaux expérimentent puisque nous ne savons pas communiquer avec eux. Toutefois, il semblerait bien que les animaux ressentent et puissent donc souffrir. Quand un tel doute subsiste, peut-être est-il plus sage de prendre toutes les précautions possible pour éviter la souffrance.

Plus simplement, qui n’a pas au moins une fois vu du bien-être, de la peur, de la souffrance dans l’expression d’un animal ? Que ce soit un chien chéri qui hurle lorsqu’il est laissé seul, une vache qui panique à l’abattoir, le regard perdu d’un cochon dans le camion de transport, le veau séparé de sa mère qui l’appelle pendant des jours, le cochon d’inde blessé qui ne se donne même plus la peine de manger, la joie de l’animal de compagnie qui joue, etc., nous avons tous expérimenté des interactions avec des animaux en ne mettant pas en cause le fait qu’ils étaient bien là et ressentaient des choses. Alors pourquoi au moment de choisir ce que l’on met dans notre assiette avons-nous subitement besoin de preuves de ce ressenti ?

  • Elucubrer que la souffrance des végétaux est le vrai problème :

Histoire : « avez-vous déjà entendu le cri de la carotte lorsqu’on l’arrache à la terre ? », « la salade mérite votre attention, la pauvre. »

En pratique : Ah le célèbre « cri de la carotte » bien connu des végéta*iens… parlons en.

Tout d’abord il est curieux de voir combien de personnes développent une empathie pour les végétaux dès qu’on parle de protéger les animaux. C’est évidemment une manière de se décharger et une tentative de décrédibilisation des efforts réalisés par les défenseurs des animaux. Mais intéressons-nous tout de même à la question qui n’est au fond pas si bête.

La souffrance telle que nous la concevons suppose un système nerveux qui fait défaut aux plantes. Selon nos connaissances actuelles, les plantes ne pourraient donc pas souffrir. Toutefois, il est envisageable que les végétaux perçoivent les choses d’une manière qui nous dépasse. Notons que la question ne se pose pas pour les fruits (au sens botanique du terme), organes végétaux ayant pour vocation de se détacher de la plante.

Dans l’éventualité où les végétaux ressentiraient quelque chose ressemblant à de la souffrance, quelle serait le meilleur choix ? Il faut savoir que l’on estime que 10 kg de protéines végétales sont nécessaires à la production d’un seul kilo de protéines animale. En vue d’épargner un maximum les plantes, il serait donc bon de les manger directement plutôt que de remplir son assiette de végétaux et de morceaux d’animaux eux-même nourris avec de nombreux végétaux (rappelons que l’immense majorité des animaux que l’on mange sont herbivores).

En conclusion, le meilleur moyen de restreindre aujourd’hui d’éventuelles souffrances végétales est de ne manger que des végétaux. On peut aller plus loin en favorisant les fruits et en choisissant de soutenir les cultures les plus respectueuses pour les végétaux. Ainsi, le potager bichonné par nos soins, ou lorsque ce n’est pas possible, une agriculture non intensive et biologique semblent de bonnes façons de se soucier des plantes.

  • Affabuler :

Histoire : rappeler le « contrat implicite » entre les hommes et les autres animaux.

En pratique : Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu ? (Une marque de chocolat nous a fait le coup du monde bisounours aussi !)

Il existerait un contrat liant liant les humains et les animaux d’élevage. Tout d’abord quand on sait que les animaux sont pour l’instant généralement traités comme des biens meubles par la plupart des législations, ça fait légèrement sourire. Les droits et devoirs reconnus aux animaux, c’est bien quand ça arrange les humains ! La nécessité de la reconnaissance des droits des animaux est ici bien mise en valeur. D’autre part, pour le consentement libre et éclairé d’un contrat sans vice, on repassera.

Mais alors il y a quoi dans ce contrat tacite imaginaire ? L’humain protégerait les « animaux d’élevage » d’éventuels prédateurs et en échange ces derniers lui offriraient sobrement : leur vie, leur chair, leur liberté… En y réfléchissant, l’humain ne ferait que troquer les divers prédateurs potentiels contre un seul grand prédateur, lui-même. En échange, il s’octroie simplement la toute puissance de décider des conditions de vie et de mort de ces animaux d’élevage. C’est équitable !

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Le Mythe de la Viande Heureuse & Autres Contes Merveilleux (2/2)

 

Lire la première partie

Dans cet article en deux parties sont énumérées un certain nombre de stratégies que l’on met en place afin de ne pas réfléchir plus profondément aux problèmes de la viande, ou agir pour enrayer ces problèmes. J’ai tenté de révéler à chaque fois en quelques phrases simples la réalité derrière les histoires et contes que l’on se raconte en renvoyant vers des liens et articles en rapport avec les différents sujets. Le but est d’inciter à aller plus loin dans la réflexion, libre à vous de cliquer pour en apprendre plus !

Vous verrez que de nombreuses idées se complètent ou se chevauchent dans cet article, n’hésitez donc pas à lire la totalité de cet article en prenant votre temps, afin d’avoir une vue globale.

L’ignorance ou la peur :

  • Imaginer que manger de la viande est indispensable :

Stratégie : « et où je trouverai mes protéines sinon ? », « je vais être carencé ».

En pratique : Les idées reçues sur la santé ont la vie dure !

L’Association américaine de diététique (AAD) statue que « les alimentations végétariennes (y compris végétaliennes) bien conçues sont bonnes pour la santé, adéquates sur le plan nutritionnel et peuvent être bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies. Les alimentations végétariennes bien conçues sont appropriées à tous les âges de la vie, y compris pendant la grossesse, l’allaitement, la petite enfance, l’enfance et l’adolescence, ainsi que pour les sportifs. » Le rapport de cette association indépendante disponible en français « passe en revue les données actuelles concernant les nutriments importants pour les végétariens, notamment les protéines, les acides gras oméga-3, le fer, le zinc, l’iode, le calcium et les vitamines D et B12. » Ce document est à lire attentivement par tous pour plus d’information indispensables sur la santé.

La peur du manque de protéines n’est pas fondée. L’Association Végétarienne de France (AVF) fournit une fiche explicative sur le sujet et le blog Végébon apporte des informations complémentaires.

Bien sûr, comme dans tout régime alimentaire, certains éléments sont à surveiller. Il est important de s’informer : sur le site de l’AVF, sur le blog Végébon ou en lisant attentivement le rapport de l’AAD. Il est également possible de prendre contact avec des membres de l’Association de Professionnels de Santé pour une Alimentation Responsable (APSARES).

En conclusion, inutile de tergiverser, la viande n’est pas indispensable, on peut très bien se passer de produits animaux.

  • Se laisser submerger par les impossibilités supposées de nos proches :

Histoire : « j’aimerai bien y penser, mais j’ai des enfants, je ne peux pas leur imposer », « ça n’intéresse pas mon conjoint ».

En pratique : Imposer un régime alimentaire à ses enfants, on ne peut pas y couper, les parents décident généralement de ce que mangent leurs enfants.

Si l’on pense que diminuer sa consommation de produits animaux est le mieux pour soi, il est tout à fait compréhensible que l’on conçoive que ce soit également mieux pour ses enfants. Et puisque les régimes végétariens sont adaptés à tout âge de la vie (à lire dans le rapport de l’AAD par exemple), un enfant peut bien être végétarien ou végétalien sans problème.

De plus, tout comme certains trouvent important d’enseigner la tolérance à leur progéniture, donner la meilleure éducation possible passe par la transmission des convictions et choix éthiques des parents. Une fois adultes, les enfants peuvent faire leurs propres choix en accord ou non avec l’éducation parentale.

Pour ce qui est des adultes, ils ne doivent pas nous empêcher de faire nos propres choix. Et puis, ce n’est pas parce que des opinions sont minoritaires qu’elles sont moins valables.

  • Croire que refuser les produits animaux est réservé à des privilégiés :

Histoire : « c’est un truc de riches et snobs », « je n’ai pas les moyens », « je n’ai pas le temps ».

En pratique : Refuser l’exploitation animale est réservé à qui veut.

L’argent, ah parlons-en de l’argent. Tout d’abord, soyons honnêtes, ce qui coûte le plus cher dans la plupart des repas « classiques », c’est… la viande. On peut tourner la chose dans tous les sens, ne pas manger de viande est moins onéreux. Les légumineuses, les céréales et les légumes de saison ne coûtent pas grand chose et permettent de réaliser de délicieux mets très variés.

L'alimentation végétalienne diversifiée et colorée

Bien sûr, certains produits tous prêts « pour végétariens » sont chers, mais tout autant que leurs équivalents industriels carnés. Puis, il est toujours possible d’opter pour des versions fait-maison à petit prix. Alors bien sûr, peut survenir le problème du temps passé à cuisiner. Sans passer des heures en cuisine, avec un peu d’organisation, l’utilisation des restes et quelques recettes express, comme pour tout type de cuisine, il est très facile de se régaler rapidement.

Mais puisque nous parlions d’argent, revenons-y une dernière fois. Je vous invite à découvrir le coût réel des produits animaux ainsi que ses répercutions sur… nos impôts par exemple.

  • Se réfugier derrière la loi :

Histoire : « rien n’interdit de manger de la viande », « il faudrait changer les lois ».

En pratique : Je suis bien d’accord, les lois ne sont pas adaptées, les droits des animaux sont manquants. Ce n’est toutefois pas une excuse pour ne pas respecter le droit à la vie de chacun.

Il est malheureux que de nombreux citoyens attendent qu’on leur dicte de se respecter les uns les autres, mais c’est une réalité historique. Un petit tour sur le site de l’ONU nous éclaire sur les batailles toujours d’actualité pour faire valoir les droits des femmes, des enfants, des handicapés, des minorités, etc. Pourquoi attendre qu’on nous oblige à respecter la vie de tous les êtres, ne sommes-nous pas des individus capables de raisonnement propre, responsables et tolérants ?

  • Parler d’extrémisme et rappeler que la modération est bonne en toutes choses :

Histoire : « les vegans sont sectaires », « extrémiste », « je modère ma consommation mais je n’en fais pas une religion ».

En pratique : La modération peut être une bonne chose, mais louer la « déesse de la sainte modération » n’est pas très modéré…

La définition du terme sectaire est souvent associé à de l’intolérance, or quoi de plus tolérant que le respect de chaque être. Quant à l’extrémisme si souvent brandi, à part être extrêmement tolérant, je ne vois pas ce que cette « accusation » concerne.

Pour ce qui est de la modération, de la « non religion », soyons clair, refuser d’encourager l’exploitation animale n’est pas plus une religion que ne pas tolérer le racisme ou les violences conjugales. Pensez-vous à donner un bon coup de poing à votre conjoint ou vos enfants une fois ou deux dans l’année ? Et bien vous devriez, sinon, vous êtes un extrémiste… Trêve de plaisanterie, exploiter ou tuer un animal de temps en temps afin de rester modéré n’a aucun sens si l’on défend les droits des animaux à ne pas être traités comme des objets. Ce n’est pas de l’extrémisme, c’est de la tolérance mêlée à de la cohérence.

  • Se dérober avec des moqueries et attaques personnelles :

Histoire : « je ne tiens pas à devenir un hippie », « je ne veux pas te ressembler, t’es pas sympa / beau / cool / etc. »

En pratique : Il ne s’agit pas d’imiter un végétarien ou de ressembler à un autre mais d’épargner des vies.

Des gens de toute sorte ont défendu les animaux de tout temps. Des personnalités très différentes les uns des autres sont végéta*iennes.

  • Colporter des légendes urbaines :

Histoire : « J’ai connu un végétarien tout pâle », « les végétariens n’ont pas de force ».

En pratique : Un régime végéta*ien bien mené ne pose pas de problème de santé (re-lire le rapport de l’AAD).

Tout régime alimentaire mal mené, trop peu diversifié peut mener à des problèmes de santé parfois visibles, souvent invisibles. Mais contrairement aux idées reçues, un régime végéta*ien équilibré semble être un atout pour les sportifs.

Des athlètes ont opté pour l’alimentation végétale, tout comme Patrik Baboumian dont la force n’est pas à remettre en question puisqu’il détient le titre de « l’homme le plus fort d’Allemagne » . Croire que les végétariens sont faiblards, c’est dépassé !

Le fatalisme ou le cynisme :

  • Se réfugier derrière l’habitude :

Histoire : rappeler les traditions, « j’ai toujours mangé comme ça », « l’Homme est carnivore », « j’aime trop la viande ».

En pratique : Les traditions ne sont pas éternelles, elles évoluent, de même, les habitudes changent et se changent.

L’humain n’a jamais été carnivore. Par contre, il peut manger « de tout », c’est vrai, mais il a aussi la capacité de décider de ce qu’il mange. Pour ce qui est des traditions, les humains n’ont pas toujours mangé de foie gras, de boeuf aux hormones, etc. Il est clair que les traditions se créent et puis certaines disparaissent.

Nous avons vu qu’il n’est pas nécessaire de manger des produits animaux pour la santé, alors pourquoi ne pas changer les habitudes ? Pour ceux qui « aiment trop la viande », je rétorquerai qu’ils n’ont pas idée de la multitude de produits végétaux dont ils pourraient se délecter.

  • La supériorité des humains :

Histoire : « nous sommes au top de la chaîne alimentaire », « les animaux sont inférieurs aux hommes ».

En pratique : Le concept même de chaîne alimentaire a été inventé par les humains qui sont eux-mêmes des animaux (selon leur propre classification d’ailleurs).

La chaîne alimentaire expliquée

Nous mettons tous « les animaux » avec leur immense diversité dans le même sac et l’Homme bien à part. Pourtant une souris ou un éléphant ne sont pas plus éloignés du léopard ou du phoque que de l’humain. La réalité, serait bien que l’homme est un animal, ni plus ni moins.

Pourquoi imaginer un rapport hiérarchique entre les différentes espèces ? Qu’est-ce qui rend une espèce inférieure ou supérieure ? Ces questions peuvent rester sans réponse, mais je vous laisserai avec cette petite phrase qui dit que la nature offre de la diversité et que l’humain en fait des inégalités…

  • La loi de la jungle :

Histoire : « le lion mange la gazelle ».

En pratique : E‰videmment, si le lion mange la gazelle, alors l’humain doit manger veaux, vaches, cochons, cqfd. Ahhh les joies de la logique !

Premier point, le lion est un animal carnivore, l’humain n’est pas carnivore. Avez vous déjà croqué la cuisse d’une vache encore vivante ?

L'humain est-il carnivore ?

Mais surtout, le lion n’aurait pas conscience du mal qu’il inflige à la gazelle et à son troupeau. L’Homme quant à lui est conscient de la portée de ses actes, il est donc capable de faire des choix moraux, de prendre des décisions éclairées. Nous connaissons la souffrance des animaux, nous savons que manger de la viande a de multiples conséquences négatives, nous pouvons choisir de ne pas en consommer.

  • E‰gocentrisme :

Histoire : « je m’en sort mal, pourquoi les animaux devraient avoir une belle vie ? », « les animaux sont mieux traités que les hommes ».

En pratique : Si vous avez l’impression d’être exploité ou maltraité, alors vous devriez être d’autant plus solidaire avec les autres animaux.

Il est fort possible que certains animaux soient mieux traités que certains humains, mais dans leur immense majorité, les animaux ne sont pas mieux traités que les humains, non, vraiment pas. Et puis d’abord, pourquoi se traîner vers le bas ? Pourquoi ne pas plutôt porter vers le haut tous les êtres maltraités du monde ? Pourquoi ne pas se respecter davantage les uns les autres et s’apporter le meilleur possible ? Soyons solidaires, soutenons-nous et aidons tous les êtres qui souffrent ! Qu’en pensez-vous ?

Autres :

Histoire : imaginez toutes vos plus belles excuses et justifications ici !

En pratique : et c’est bingo !

L’acceptation

Nous l’avons vu, les animaux souffrent de manière complètement inutile, c’est un fait que nous ne pouvons plus nier. Et si c’était un fait que nous devions et pouvions changer ?

Pour cela, il suffit d’accepter la seule solution possible : arrêter de consommer des produits animaux.

Il ne s’agit pas tant de s’arrêter de manger de la viande, il s’agit d’arrêter le massacre et de soutenir les animaux. En plus, on n’est même pas obligé d’aimer les animaux pour les respecter et leur accorder un droit à la vie. Il suffit d’être doté de tolérance et de compassion, des qualités qui tiennent à coeur à tous les humanistes.

Pour conclure, nous sommes libres de déterminer nos choix. Mais si nous ne voulons pas qu’ils nous soient imposés par d’autres, par l’industrie agro-alimentaire, par la force des publicités ou par les gouvernements, une seule solution : nous renseigner au maximum afin de connaître les tenants et aboutissants de nos actes, de connaître différentes alternatives pour finalement être capable de faire des choix éclairés en toute conscience.

D’autres idées et argumentations pour y réfléchir ici : manuel de débat, foire aux questions, ton argument a des dommages collatéraux, abolir la viande.

PS : Hep, il n’y a pas que la viande !

Tous les produits animaux sont source d’exploitation et causent des souffrances et privations de libertés fondamentales. Toutes les pratiques rendant les animaux esclaves et victimes sont à bannir. Il est temps d’ouvrir les yeux sur ces méfaits et s’élever contre ces injustices.

Pour se renseigner sur le mal causé par nos soins aux animaux dans les différents domaines de notre vie quotidienne, je conseille un film : Earthlings.

Pour en savoir encore plus et comprendre comment devenir vegan, n’hésitez pas à faire vos propres recherches ou à consulter tous les liens présents dans cet article, ainsi que la très garnie page de Liens et le Guide Ethique proposés sur mon site.

Interview – Mr Screugneugneu, mon Amoureux Vegan

 16 août 2012

Dans le cadre des rencontres de Pigut, je vous propose de découvrir une personne qui m’est chère puisqu’il s’agit de l’homme qui partage actuellement ma vie, Mr Screugnegneu.

J’ai remarqué que parmi les omnivores peu informés, beaucoup imaginent les végétaliens comme étant principalement des végétaliennes, aigries, détestant la viande et mangeant de l’herbe à longueur de journée. Je n’ai jamais vraiment compris d’où provenaient ce genre de raccourcis. En tout cas, si certains arrivent à s’imaginer des végétaliens différemment, on reste souvent dans des à priori particulièrement étranges. Alors si c’est un homme végé, il est probablement dominé par sa compagne (elle-même mangeuse d’herbe aigrie) à laquelle il obéit sans broncher, et il porte des sarouels en mangeant des petits pois

A travers mes interviews, j’aime présenter des gens de tous horizons et mettre en lumière d’autres perceptions que la mienne. Cette fois (en plus du plaisir de vous présenter mon amoureux), j’avais envie de présenter un végétalien qui n’est pas une femme aigrie, ne mange pas que de l’herbe, aime le goût de la viande, essaie de penser par lui-même, et ne porte pas de sarouel (bien qu’il n’y ait aucun problème à porter des sarouels). C’est pour moi une manière de montrer que, loin des clichés, les végétaliens peuvent être n’importe qui et… tout le monde

Mr Screugnegneu

Peux-tu te présenter en quelques mots et partager avec nous un peu de ce qui te touche dans la vie ?

J’ai une trentaine d’années, je vis avec Mlle Pigut depuis pas loin de 6 ans. J’ai la chance d’exercer un métier qui me plaît beaucoup et dans lequel je suis très autonome, après avoir emprunté toutes sortes de chemins plus ou moins biscornus. Je suis quelqu’un de très indépendant, j’aime penser par moi-même, je suis effaré par l’ensemble des grands consensus qui font la société dans laquelle nous évoluons.

Tu aimais la viande et pourtant, tu as fait le choix du végétarisme puis du véganisme. Qu’est ce qui t’a poussé en ce sens ?

Mon changement d’alimentation s’est déroulé de manière très progressive, sur une durée de 3-4 ans entre le moment où j’ai commencé à m’intéresser à ce qu’il y avait dans mon assiette -avant de rencontrer Mlle Pigut- et le moment où j’ai pu dire que j’étais vegan il y a environ deux ans. Mlle Pigut a eu la clairvoyance géniale de me laisser faire mon cheminement de mon côté sans jamais tenter de m’influencer. Je l’en remercie. S’il en avait été autrement, je ne serais sans doute pas devenu vegan, ou alors cela aurait pris beaucoup plus de temps encore… Ainsi est fait M. Screugneugneu le bien nommé : si quiconque devait ne serait-ce que lui suggérer d’envisager telle ou telle manière de faire, il mettra immédiatement tout en œuvre pour faire le contraire (au point de se saboter lui-même quelques fois :-) ).

Au niveau pratique, comment s’est passé ton changement d’alimentation ?

Préambule : je dois d’abord préciser que j’ai toujours eu un tempérament « écolo », pas hardcore à la base, mais en tous cas sensible à la cause. J’ai été élevé de cette manière et j’en suis très reconnaissant. Lorsque j’étais enfant, nous avons tenté à une ou deux reprises de passer à un régime végétarien à la maison, mais ça n’a jamais duré longtemps, faute de savoir quoi faire à manger et ayant des doutes quand aux possibles carences je pense (il n’y avait pas encore internet…).

Lorsque Mlle Pigut et moi nous sommes rencontrés, j’entamais tout juste une phase à manger moins de viande, un peu plus de poisson, pas trop de charcuteries. J’avais simplement l’idée de me maintenir en bonne santé. Je dois admettre, avec le recul, que je mangeais de manière très classique, surtout faute d’imagination et d’intérêt pour la cuisine (en plus je vivais seul). Je savais apprécier avec beaucoup de plaisir un steak chateaubriand, un filet de sole ou de tilapia, un poulet rôti fermier, une carbonnade flamande, mais enfin je n’en étais pas dépendant comme certains affirment l’être. Je consommais aussi des kebabs et McDo environ une fois par semaine.

En rencontrant Mlle Pigut, alors végétarienne, nous avons très rapidement passé beaucoup de temps ensemble, et j’ai vite remarqué qu’elle se faisait de bons petits plats sans avoir aucun besoin de chair animale. Au début je m’achetais un peu de viande à me faire en solo sur le côté, mais cette solution m’est rapidement apparue comme saugrenue, alors qu’il y avait généralement un magnifique plat préparé par Mlle Pigut. J’ai donc rapidement laissé tomber l’idée de consommer de la chair animale lorsque nous mangions ensemble à domicile.

A l’époque, nous allions souvent au restaurent. Au début, je prenais invariablement un plat carné (par habitude), et Mlle Pigut un plat végétarien. Je ne faisais aucun commentaire sur son choix et elle n’en faisait aucun sur le mien. Cependant, la plupart du temps, intrigué, je demandais à goûter son plat et le trouvais en général bien meilleur que le mien. Je finissais le mien, déçu d’avoir commandé « un truc que je connaissais ». En outre, nous habitions alors Bruxelles, ou les snacks à kebabs proposent infiniment plus de choix que dans les kebabs de France. J’y ai ainsi découvert les falafels avec Mlle Pigut selon le même mode que dans les restos, et en conclu rapidement qu’ils remplaçaient avantageusement les hamburgers, viande à gyros ou autres filets de poulet comme garniture des pains.

Simultanément, je découvris que les snacks aux alentours de mon entreprise de l’époque proposaient différentes formules végétariennes drôlement intéressantes. Je me mis donc à consommer pour mon lunch au travail, principalement des plats, sandwiches et salades végétariens achetés sur place.

Au départ, c’est donc animé par la gourmandise et la curiosité (les plats végés étaient finalement meilleurs et plus diversifiés) que j’en suis venu à plus ou moins laisser tomber la consommation d’animaux. J’avais conscience qu’en plus ça permettait d’éviter d’en tuer… mais en toute franchise ça n’entrait pas tellement en ligne de compte à cette époque. Je continuais donc à manger un steak ou un filet de poisson 1 à 2 fois par mois, lorsque je devais me préparer un repas seul. Ceci dura environ 2-3 ans. Au cours de cette période, je continuai à manger du fromage et des produits contenant des œufs ou du lait. Pendant tout ce temps, Mlle Pigut et moi n’avons jamais eu, si ma mémoire ne me fait pas défaut, de discussion à ce sujet. J’ai toujours accepté son végétarisme sans avoir besoin d’en savoir plus, et elle ne m’a jamais reproché de manger ce que je voulais.

Au fil des années, Mlle Pigut devint petit à petit plus ou moins végétalienne, de manière plutôt naturelle et progressive, sans gros élément déclencheur et surtout sans particulièrement en parler avec moi. Après environ 3 ans et peu d’évolution de mon côté, le hasard nous mis face à quelques sites contenant des informations et des vidéos au sujet de la maltraitance ordinaire résultant de l’exploitation animale. J’en pris acte mais, tête de bois, il me fallut encore quelques mois à gamberger dans mon coin avant de décider d’aller moi-même rechercher ces infos et vidéos sur internet. Je m’y plongeai alors à fond pendant quelques heures. Révolté par ce que je revis et découvris, je décidai purement et simplement de devenir 100% végétalien au plus vite tout en réalisant que ça ne se ferait pas du jour au lendemain. Le fromage était en effet une composante très importante de mon alimentation, et je savais qu’il ne serait pas facile d’y renoncer. Ce qui m’a le plus convaincu dans mon choix, ce sont les vidéos « chocs » : les coups donnés par les éleveurs, transporteurs et bourreaux, la violence générale, la vitesse de la chaîne d’abbatage, l’ambiance de productivisme (animaux sensibles traités comme de simples matières à transformer), le sang, les cris, leurs regards désemparés… Les cris des veaux et des mères qu’on vient de séparer… Je n’avais jamais soupçonné ce que pouvait être l’horreur concentrationnaire qu’impliquait la production de nourriture à partir d’animaux.

A partir de ce moment, Mlle Pigut et moi-même commençâmes à discuter de ce que nous avions appris à ce sujet et à nous échanger beaucoup d’informations. C’est ainsi que je pris connaissance de toutes les excellentes raisons supplémentaires, autres que la maltraitance, qui me confortèrent dans mon choix : par rapport à l’écologie et à l’environnement, à la société de surconsommation, à la malbouffe, etc. Le véganisme fût en réalité le début d’une grande prise de conscience sur l’ensemble des sujets importants de notre société : depuis le bio jusqu’au monde du travail, en passant par les médias, le lobbying des multinationales, le système éducatif, la grande mascarade électorale, le système bancaire, la pensée unique, etc. En réalité, tout est lié. Quand on commence à se documenter sur l’un ou l’autre de ces sujets, on ne peut que constater ses ramifications et implications avec les autres.

Bref, revenons au sujet : je devenais donc non seulement végétalien, mais totalement vegan, quelques mois plus tard. Je n’eus aucun mal à cesser totalement la consommation de viande, d’oeufs, et tous les autres produits contenant des éléments provenant de l’exploitation animale. Le fromage me posa beaucoup plus de difficultés, et il me fallu réduire les quantités très progressivement sous peine de « pétages de plomb » (n’ayons pas la langue de bois). Le sevrage du fromage est une difficulté rencontrée par beaucoup de végétaliens en devenir. Ceci semble d’ailleurs pouvoir s’expliquer médicalement, et serait dû à la caséine naturellement présente dans le fromage. Je vous suggère de faire quelques recherches à ce sujet ;-)

Est-ce que le veganisme a eu un impact important dans ton quotidien ?

Oui et non… Une fois vegan, manger ainsi vous paraît tout naturel. Cependant, il n’est pas toujours évident de trouver les produits que nous consommons dans les magasins classiques. Pour avoir une bonne diversité de produits, il vaut mieux aller dans les magasins bio (ce qui n’est pas vraiment un problème si on habite en ville, et de toutes façons les Pigut mangent 100% bio ;-) ).

Le veganisme m’impose aussi de préparer systématiquement mes repas à emporter à l’extérieur pour mon travail. Car s’il est plus ou moins possible de se débrouiller pour manger dehors en tant que végétarien, c’est beaucoup plus dur en tant que végétalien (en France en 2012). Idem pour les sorties restos, etc.

Quelles ont été les réactions de ton entourage face à ce changement ?

Ma mère est devenue végane quelques mois plus tard.

Pour mes amis de Bruxelles, que je ne vois plus qu’une fois par an, je crois que ça leur est un peu passé au dessus de la tête.

Pour ceux rencontrés en France depuis que j’y vis, soit j’ai affaire à des personnes non-informées qui se braquent immédiatement et débitent toute une série d’arguments à côté de la plaque (les habituels : on a besoin de viande pour avoir de la force, si on ne mangeait que des plantes il n’y aurait pas assez de place pour les cultiver, etc.), le dialogue devient impossible et se clos très vite. Soit, notamment avec les collègues ou les personnes avec qui le sujet n’a pas eu à venir immédiatement sur la table, ils m’ont déjà plus ou moins catalogué comme l’écolo / alternatif / grand voyageur et ça leur va comme ça, ils ne cherchent pas tellement à en savoir plus.

Pourrais-tu aujourd’hui t’imaginer en couple avec une personne qui ne serait pas sensible à tes idéaux ? Quels avantages vois-tu à partager ta vie avec une personne ayant fait les mêmes choix éthiques que toi ?

Je ne pourrais pas partager ma vie avec une personne qui n’ait pas au moins commencé à faire un début de cheminement intellectuel vaguement anarcho-végétalien. Si les premiers pas sont faits, je sais que le reste suivra.

Les avantages, c’est simplement de pouvoir se comprendre sur les sujets importants de la vie…

Qu’est ce que tu aimes dans le fait d’être vegan ? Que trouves-tu difficile ?

J’aime vivre dans la connaissance.

Je trouve difficile, sincèrement, de ne plus jamais pouvoir manger dehors à l’improviste, sur le pouce. Mon travail fait que je peux être dehors en train de bosser à peu près n’importe quand de 5h du matin à 2h du matin la nuit suivante (pas en continu quand même ;-) ), et ce de manière chaque jour différente, ce qui fait que prévoir et préparer les repas à l’avance n’est pas toujours évident. Ce serait tellement simple de pouvoir rentrer dans n’importe quel snack ou boulangerie et commander en toute normalité un en-cas végétalien, bio et sain… mais nous en sommes encore très loin malheureusement.

Je crois pouvoir dire que tu es très gourmand, quels sont tes plats préférés ?

La question n’est pas évidente, car nous sommes en ce moment en train d’incorporer de plus en plus de cru dans notre alimentation. J’en découvre tous les bienfaits, et surtout je me rends compte que certains plats que j’adorais il y a encore 15 jours peuvent à présent m’inspirer un vague dégoût. En ce moment il y aurait donc la lasagne crue, la pizza (semi-)crue, le sandwich rempli de crudités de toutes sortes comme vous n’en avez jamais vu auparavant… Je reste globalement assez orienté nourriture roborative, nourriture de réconfort (bien sûr, rien n’empêche de les faire en version santé… ;-) ), nourriture qu’on dévore avec les mains, plats en sauce… Je suis très gourmand, j’ai certes développé un palet assez fin grâce au véganisme, mais je ne suis pas un gourmet.

Ha oui, et aussi tout ce qui est à base de patates !

Les plats préférés de Mr Screugneugneu

Certaines des nourritures préférées de Mr Screugneugneu

Quels seraient tes conseils à ceux qui pensent à se lancer dans l’aventure végéta*ienne ?

Ne pas avoir peur… en fait, une fois que le changement est derrière nous, on réalise que c’était plus simple qu’il n’y paraissait. Ne pas se forcer non plus, évoluer à son rythme. Au début, la force de l’habitude va peut-être vous donner très envie d’un bout de viande ou de fromage, c’est normal. Si vous en avez vraiment trop envie, allez-y, craquez. Ca deviendra de plus en plus rare avec le temps. En cas de doute, se documenter au maximum, poser des questions aux autres vg, la communauté est très ouverte.

Comment imagines-tu l’évolution du véganisme en France et à travers le monde ?

Je pense que le mouvement va continuer à se développer grâce à la propagation de l’information, il va peut-être y avoir un effet de mode qui va booster le truc, mais c’est une tendance qui restera marginale. Un véganisme généralisé impliquerait un changement radical de la société que peu de gens seraient prêts à accepter avant au moins des décennies. Je doute de voir le taux de gens conscients arriver à plus de 10 ou 15% de la population de mon vivant. Après ça va certainement varier d’un pays à l’autre. Ici, les gens savent à peine ce qu’est un végétarien, alors que dans les pays du nord de l’Europe c’est déjà plus largement admis (Allemagne, Hollande, Suède, …). Quand aux pays anglo-saxons, ils savent généralement ce qu’est un vegan.

Vers quoi tends-tu aujourd’hui, quels sont tes vœux pour l’avenir ?

D’un point de vue alimentation perso, incorporer de plus en plus de cru. J’en ai constaté les bienfaits depuis quelques temps, ça m’a transformé. Plus largement j’aimerais beaucoup pouvoir vivre dans mon propre logement sans passer par les banques, ou construit par mes soins (ou un peu des deux), avec un terrain permettant de cultiver une bonne proportion de ce qu’on consomme.

Pour le reste du monde… qu’il se réveille…

Quelles seraient pour toi les clés d’une vie équilibrée et heureuse ?

Sortir du moule, se mettre à penser par soi-même, être sceptique en général, se documenter, penser aux conséquences de ses actes, se demander pourquoi on fait telle ou telle chose (habitude, conformisme, …)…

Refuser, résister.

Je n’ai pas encore trouvé la recette du nirvana, mais je pense que si on arrive à vivre réellement comme on le veut au plus profond de soi, comme on l’a choisi et en connaissance de cause, c’est déjà un bon pas en avant.

Merci à Mr Screugneugneu d’avoir accepté de partager son expérience et sa vision des choses.

Végétarisme, Veganisme : Partager ses Convictions

 31 juillet 2012

Certaines personnes vous le diront, les végétariens sont souvent barbants, ils ennuient tout le monde en faisant de l’activisme et du prosélytisme à tout va. Pour ce qui est des vegans, n’en parlons même pas, ce sont carrément des extrémistes tout droit sortis d’une secte. Même qu’il arrive qu’ils soient agressifs, de vrais terroristes !

Les faits

En effet, certains végéta*iens pourraient à l’occasion :

  • vous adresser des yeux noirs ou vous sermonner si vous mangez de la viande devant eux ;

  • critiquer l’achat de votre nouvelle jupe en cuir ou de votre belle  écharpe en fourrure ;

  • vous bassiner pour que vous utilisiez des cosmétiques non-testés sur les animaux ;
  • vous envoyer des vidéos atroces prises dans des abattoirs ou des élevages intensifs ;

  • vous dissuader d’acheter un chien dans un élevage / magasin ;

  • vous affirmer que cirques et zoos ne sont pas des paradis pour animaux ;

  • finalement remettre en cause absolument toute exploitation animale…

Vous aurez compris pourquoi ces végéta*iens là sont à éviter : ils sont gênant à force de ratiociner, ils en deviennent même avouons-le assez chiants ! Pour autant, on ne peut pas vraiment se contenter d’en faire un joli tas et les brûler sur le bûcher…

Alors la question ici est : mais pourquoi est-ce que certains végét*iens se comportent ainsi ?

Se comprendre

La première chose importante à souligner me venant à l’esprit est que les végéta*iens ne représentent pas un « amas » homogène de personnes endoctrinées à la pensée tout à fait similaire, ce sont en fait des personnes bien distinctes et différentes. De plus, comme tout le monde, ils ont chacun leur caractère propre, leur vécu, et bien sûr leurs hauts et leurs bas. Certains militent activement, d’autres préfèrent en parler peu. Comme tout un chacun, ils peuvent être parfois légers et diplomates et à d’autres occasions énervés et brusques.

Quand il y a dérapage, ce qui reste rare, les végéta*iens sont très vite taxés d’extrémistes insupportables, voire dans certains cas de terroristes. J’ai l’impression que ce genre de raccourci naît directement d’incompréhensions, de méconnaissance qui pourraient s’estomper avec beaucoup de communication.

Et si on essayait de se comprendre au lieu de s’abhorrer ?

Je ne vous cache pas que de nombreux de végéta*iens passent du temps à tenter de comprendre ceux qui se refusent à penser aux bien-être des autres animaux. En réalité, ils n’ont pas vraiment le choix puisque ces personnes représentent la majorité de la population humaine d’aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, j’ai l’impression que le contraire n’est que rarement vrai. Je propose donc de réparer ce manquement.

Mon point de vue

Pour tenter de soumettre un embryon d’éclaircissement, je propose de commencer par mon ressenti personnel qui par définition n’engage que moi, mais qui peut éventuellement ouvrir des fenêtres vers une compréhension plus générale du sujet. Je n’ai pas la prétention à travers cet article de représenter la diversité de végéta*iens dans son ensemble, simplement de tenter d’apporter un peu de lumière sur certains comportements qui leur sont fréquemment associés.

Je rêve d’un monde meilleur. Ce monde pour moi ne peut se faire que sans spécisme (fait de discriminer les êtres selon leur espèce) afin que tous les êtres puissent avoir une chance de vivre en paix (les humains y compris évidemment). Ce monde, je n’ai pas juste envie de passer ma vie à le rêver, je voudrais le construire, le rendre bien réel. Pour cela, j’ai décidé de devenir végétarienne, puis végétalienne en élargissant le champ jusqu’au veganisme qui va au delà de l’alimentation (pour en savoir plus sur ces différents termes, c’est ici). Le veganisme abolitionniste consiste à refuser toute exploitation animale, arguant que tout être sentient a le droit de vivre peu importe l’espèce dont il fait partie. Le veganisme n’est en aucun cas une dépréciation de la vie humaine, c’est au contraire une appréciation de chaque vie pour ce qu’elle est : très importante pour celui qui la vit, indépendamment de ce qu’elle représente aux yeux des autres.

Pour la petite histoire, lorsque j’étais « seulement » végétarienne, je n’étais pas « chiante ». Je trouvais horrible de faire souffrir des animaux sans raison mais je m’étais convaincue, comme beaucoup, que le végétarisme était un choix personnel et que je ne devais pas ennuyer les autres avec cela. C’était plus facile ainsi. Je considérait « faire ma part » en ne mangeant pas les animaux et je ne me renseignais pas outre mesure sur leurs conditions de vie et de mort.

En devenant vegan, j’ai compris que ne pas tuer les animaux pour moi-même ne suffirait pas à enrayer la souffrance animale. C’est également à ce moment là que j’ai réalisé que la majorité des personnes qui m’entouraient n’avait finalement jamais compris que mon végétarisme était bien plus qu’une préférence alimentaire puisque j’en parlais peu… quel dommage.

En voulant respecter les opinions de chacun, je n’avais pas respecté les animaux dont je taisais les souffrances. Je me suis rendu compte qu’être vegan n’est pas une simple question de conviction ou de choix strictement personnel puisque cela ne concerne pas moi mais les milliers de vies qui sont en jeu. Le respect des opinions n’a pour moi aucun sens lorsque ce sont des massacres à l’échelle planétaire qui sont défendus.

J’ai alors compris que je ne pouvais plus me contenter de m’abstenir de tuer des animaux pour manger, ou pour toute autre besoin de ma vie quotidienne. Je ne pourrais jamais construire seule dans mon coin un monde plus beau où les souffrances inutiles seraient épargnées, c’est une tâche qui ne peut se faire qu’avec l’aide du reste du monde. Et comment obtenir le soutien du reste du monde sinon en l’informant des malheurs que l’on veut éviter et en lui demandant son aide précieuse ?

C’est comme cela que j’ai commencé à parler plus souvent de mes choix, à les expliquer à qui voulait bien l’entendre, à les partager sur internet. J’ai arrêté de taire les souffrances dont j’étais témoin ou que l’on me signalait, je les ai au contraire propagées afin de les faire connaître. Je voulais que d’autres comprennent comme je l’avais fait un jour qu’en faisant de petits changements dans notre vie, en faisant tous un pas vers plus de respect, nous pourrions opérer pour le bien du plus grand nombre d’êtres.

Voilà pourquoi je parle aujourd’hui ouvertement de veganisme, en espérant faire réfléchir voire inspirer d’autres gens. Mon but n’est pas d’embêter tout le monde, mais au contraire de partager un élan positif. Mon seul dessein est qu’un jour les souffrances inutiles cessent. Je ne fais cela contre personne je le fais POUR tous.

Veganism : it's not about us, it's about other animals. Be vegan.

Source : http://veganismisnonviolence.com/     Traduction :
Le veganisme : ce n’est pas à propos de nous, c’est à propos des autres animaux. Soyez vegan.

Décryptage

Nous avons vu tout à l’heure ce que les végéta*iens peuvent faire vivre aux autres, voilà à présent ce qu’eux peuvent ressentir :

  • Vous mangez de la viande devant eux : ils connaissent les étapes de l’exploitation des animaux à viande, leur utilisation comme des objets de production, ils visualisent les abattoirs, des animaux hagards ou affolés luttant pour la vie, c’est insoutenable.

  • Vous achetez fièrement une jupe en cuir ou une écharpe en fourrure : ils savent que les industries du cuir et de la fourrure sont aussi lucratives que cruelles, et que les peaux ne sont pas vraiment comme beaucoup le croient des « déchets » d’abattoirs.

  • Vous aimez vos cosmétiques préférés et ne les changeriez pour rien au monde : ils savent que la plupart des produits de consommation sont testés sur les animaux et qu’en plus d’imposer d’immenses souffrances, ces tests ne sont pas des plus efficaces.
  • Vous dites penser ne pas faire de mal en vivant comme tout le monde : ils espèrent vous informer en vous envoyant des vidéos ou des articles mentionnant la souffrance et l’exploitation ainsi que des sites mentionnant comment les éviter. Ils essaient de vous faire comprendre que sans le réaliser, vous nuisez à d’autres êtres. S’ils vous proposent des images choquantes, ce n’est que parce que la réalité l’est.

  • Vous voulez acheter un chien dans un élevage/magasin : ils savent que cela suppose de considérer les animaux comme des biens de consommation. Cela fait entrer dans un cercle vicieux d’exploitation et de maltraitance. Ils savent en outre qu’avec ce système, de nombreux chiens sont élevés dans des conditions intolérables, et que d’un autre côté, des milliers d’animaux abandonnés meurent dans les refuges bondés portés à bout de bras par des bénévoles.

  • Vous êtes content d’amener vos enfants aux zoo ou au cirque (avec animaux) : ils savent que les animaux ne sont pas des clowns, que ces lieux ne sont pas les havres de paix pour animaux que vous imaginez, que la biodiversité n’a pas besoin de ces endroits, ils les déconseillent vivement.

  • Les thèses qu’ils avancent vont parfois plus loin que votre pensée n’a osé vagabonder simplement parce que celles-ci sont issues de longues réflexions soutenues par des connaissances poussées sur des sujets qu’ils trouvent importants. Vous n’avez peut-être pas ces connaissances, non pas parce que vous êtes ignare ou inférieur, mais parce que vous n’avez peut-être pas encore songé à vous renseigner de manière approfondie sur tel ou tel point. De leur côté, ils auront pris le temps de regarder ces faits trop souvent ignorés et de raisonner autour de toutes les conséquences qui peuvent en découler. Au fil de ces recherches et réflexions poussées, ils peuvent en venir à considérer que toute exploitation doit s’arrêter.

Bien sûr, tout les végéta*iens ne savent pas tout de la « question animale » et surtout pas du jour au lendemain, qui le pourrait d’ailleurs ? Certains même ne savent pas grand chose, ils se laissent simplement guider par leur empathie et cela les pousse à respecter d’autres êtres (même si sans le savoir on continue quelques fois de blesser ceux que l’on voudrait défendre en étant mal informé). D’autres encore n’ont pas envie d’en parler tout le temps. Ils leur arrive d’être brimés parce qu’ils n’ont pas réponse à toutes les questions des omnivores, pourtant, ils ont pour sûr grand coeur et cela devrait appeler à plus de référence.

L’horreur quotidienne

La vie quotidienne d’un végéta*ien dans nos sociétés peut être vécu comme un enfer. Le spécisme qui consiste à apprécier les êtres selon leur espèce est la norme, l’exploitation des animaux y est imposée. Les hommes, considérant les autres animaux comme inférieurs, se permettent d’infliger à ces derniers des actes abominables selon leur bon vouloir. Cette manière de faire n’est pas nouvelle dans l’histoire de l’humanité. Dénigrant tour à tour les hommes aux couleurs de peaux ou sexualités différentes, les enfants, les femmes, etc., nos sociétés ont pu excuser pendant des siècles des attitudes nauséabondes plus tard condamnées (note : hier répandu, « normal » et même défendu, le racisme n’est plus respecté aujourd’hui même s’il existe encore largement, on le condamne). Reconnaître moins de droits, d’intelligence ou encore d’émotions à certains êtres autorise l’exploitation et la maltraitance sans mauvaise conscience.

Ainsi, en tant que végéta*iens ayant conscience de ce fait, marcher dans la rue et devoir affronter les vitrines de l’exploitation de la souffrance que sont les magasins d’alimentations contenant des produits carnés ou les boutiques de vêtements à base de produits animaux, devoir encaisser la banalisation des méfaits envers les animaux est une souffrance de tous les jours. Penser à tous les êtres qu’il reste à sauver et à tous ceux qui ne le seront pas peut aussi littéralement rendre fou. Et quand ces tiraillements sont surmontés de railleries, d’interrogatoires à répétition et à l’occasion d’attaques, cela devient pour certains invivable. Mais ceci n’est aucunement une plainte, car cette souffrance n’est rien face à celle que subissent des millions d’animaux chaque jour… et c’est bien le plus difficile à avaler et à faire comprendre.

And yet you say beeing vegan is "extreme"

Source : http://veganismisnonviolence.com/ Traduction :
Et pourtant vous dites qu’être vegan est « extrême »
(Notez que le veganisme n’est pas un régime alimentaire)

Les dérapages possibles

Pour des individus ayant pleine connaissance des souffrances infligées aux animaux pour le seul confort des humains et qui savent comment les éviter facilement, l’arrêt de l’exploitation animale est une évidence puisqu’elle paraît possible et salvatrice. L’ampleur des souffrances lorsqu’on en prend connaissance devient rapidement intolérable. Pour de tels individus -dont je fais partie- il est admis que si nous avions tous conscience des souffrances que l’on crée, nous pourrions avoir la motivation de faire les efforts permettant de construire un monde plus tolérant et pacifique.

Alors il est vrai que parfois, lorsque l’on parle de tels sujets il peut y avoir des accrochages. On touche à des choses profondes qui tiennent à cœur à beaucoup d’individus. Dans ces cas là il peut arriver que des gens s’énervent, s’emportent, parfois même s’insultent. Il peut arriver d’extrapoler trop largement, de supposer que l’autre sait déjà ce qu’il ignore, de faire culpabiliser son interlocuteur par trop de fermeté.

Ne nous sommes nous pas tous un jour emballés, portés par nos émotions et avons malheureusement fait preuve d’agressivité ou de maladresse avec une ou plusieurs personnes ? Ce genre de discussion peut prendre littéralement aux tripes et se terminer en dispute. C’est vraiment navrant et contre-productif, mais ça peut arriver…

Je ne défends en aucun cas les actes violents et l’emportement, je n’essaie pas d’excuser cela, je tente seulement d’expliquer ce qui peut parfois mener jusque là. Je veux souligner que tout le monde passe par des moments d’égarement à l’occasion. Toutefois, les végéta*iens jugés extrêmes n’ont pas droit à l’erreur, où on les montre violemment du doigt au moindre faux pas. Cela ne doit pas nous amener à généraliser et à faire de tous les végéta*iens les grands méchants loups ou au contraire des anges. Ce sont juste des personnes avec leurs qualités et leurs défauts dont l’aspiration est d’aller vers du mieux pour tous.

Vouloir convaincre

Finalement, qui n’a pas voulu un jour dans sa vie « enrôler », persuader, ou ne serait-ce qu’informer quelqu’un d’autre. Je ne sais pas si c’est bien ou mal, mais nous l’avons pourtant tous fait. Que ce soit pour du sport ou des disciplines de bien-être (« tu devrais te mettre à la natation/au foot/au yoga, » etc.), des sujets écologiques (on nous urge de consommer bio, trier nos déchets, faire attention à notre consommation d’énergie, etc.), une manière de vivre (« l’achat d’une maison est la meilleure chose à faire », « la décroissance t’apportera beaucoup », « les enfants sont la plus belle chose au monde », etc.)… Quand nous pensons que quelque chose est positif, nous avons souvent l’envie de la partager.

Dans le cas qui nous intéresse ici, même quand les végéta*iens se contentent de répondre au bombardement de questions et de réflexions parfois sincèrement curieuses, parfois gratuitement provocatrices auxquelles ils sont régulièrement confrontés (« comment fais-tu avec les protéines ? », « la salade souffre aussi, non ? », « mais le cuir ne fait de mal à personne », « l’homme est carnivore, il doit manger de la viande », et la liste est longue), ils  peuvent être montrés du doigt pour tentative de « conversion sauvage ». Pourtant, le végéta*isme n’est pas une secte et répondre à des questions posée n’est que logique et pas enrolement.

Quand aux plus influents prosélytes actuels, les grandes entreprises et leurs lobbyistes qui tentent de nous séduire à coup de publicités ultra coûteuses aux messages parfois pseudo scientifiques ou idéologiques (un exemple parmi tant d’autres ? un exemple de « contre-attaque » des lobbyistes de la viande contre les « méchants anti-viande » ?), ils me paraissent bien plus dangereux puisque leur but n’est pas d’apporter du mieux mais de créer du profit. Je ne pense pas qu’il faille donc jeter la pierre aux végéta*iens qui ne cherchent qu’à sauver des vies.

Pour terminer, si vous trouvez que les végéta*iens sont extrêmes, irrespectueux, chiants, rabat-joie ou plus sobrement ennuyeux ou inintéressants, demandez-vous quels qualificatifs peuvent définir la façon dont les humains traitent les autres animaux…

***

Entre nous :

A vous : quel est votre point de vue, votre vécu ?

Des idées pour communiquer sans heurts sur ces sujets délicats ?

Petites idées pour prendre soin de sa beauté

 27 février 2012

J’avais envie de parler soins de beauté. Alors bien sûr, je ne me pose pas en experte beauté pour cette chronique qui n’est d’ailleurs pas d’une rigueur scientifique. Je ne m’intéresse que peu aux cosmétiques et je ne prétends pas tout savoir des « trucs » naturels pour prendre soin de soi. Cet article se veut simplement quelques pistes d’une personne ordinaire qui pense que l’on peut se faire belle tout en se respectant, en respectant les autres et l’environnement.

S’accepter tel que l’on est

C’est facile à dire et d’une banalité rare. Toutefois, cela reste pour moi un des piliers de la beauté, parce qu’à se vouloir autre, souvent on s’abîme. Je ne ferai pas de psychologie de comptoir à tenter d’expliquer comment ne pas s’accepter nous blesse intérieurement, à quel point se sentir beau rend beau, bien que je trouve cela terriblement vrai. Je vais plus simplement vous exposer d’un point de vue très pratique des exemples de conséquences lorsque l’on n’accepte pas son physique.

Je n’accepte pas la nature de mes cheveux : je peux les lisser à coup de fer ou de brushing, faire des permanentes, les (dé)colorer avec des produits agressifs, les arranger avec d’autres produits agressifs, etc.

Je n’accepte pas la couleur de ma peau : je peux l’exposer plus que de nécessaire au soleil et même utiliser des cabines d’UV, je peux la blanchir ou au contraire la colorer avec des produits agressifs,  la recouvrir de fond de teint tous les jours, etc.

Je n’accepte pas les formes de mon corps : je peux tenter des régimes amaigrissants inadaptés, je peux porter des vêtements qui me laissent à peine respirer, je peux remodeler mon corps à l’aide de chirurgie ou de produits agressifs, etc.

Je ne dis pas que ces idées sont toutes bonnes à jeter pour tout le monde, je ne suis pas ici pour les juger, elles peuvent même à l’occasion sûrement dépanner plus d’une personne. Mais la plupart d’entre elles sont au mieux contraignantes au pire dangereuses pour la santé et pourrait être évitées d’une manière ultra simple : accepter son corps avec bienveillance.

En faire le moins possible

Quoi, encore un conseil à la noix ?!? Je vous assure que ce conseil vaut de l’or. Croyez-vous vraiment que nos cheveux aient besoin de shampoings + masques + après-shampoings + soins, le tout à base de pétrole et ce hebdomadairement ?

Il est clair pour moi qu’une fois que l’on est entré dans le cercle vicieux du produit agressif fragilisant la peau ou les cheveux qui ont alors besoin de soins pour retrouver la forme, ces derniers ne ramenant pas l’équilibre naturel mais colmatant seulement les petits bobos amenant eux-même à d’autres soins, on n’en fini plus !

Laissez votre corps le plus tranquille possible, soutenez-le simplement avec une bonne hygiène de vie et des produits tous doux et adaptés, vous verrez qu’ils vous le rendra bien.

Adopter une bonne hygiène de vie

Il est vrai qu’il parait plus facile de mettre un produit sur des boutons, plutôt que de prendre soin de soi au quotidien afin d’avoir le moins de boutons possibles. Pourtant une hygiène de vie positive pour son corps n’est pas si difficile à instituer et peut vraiment rendre la vie plus agréable.

Les carences nutritionnelles jouent un rôle essentiel dans notre santé mais également dans notre « capital beauté ». L’équilibre de notre corps dépend beaucoup de nos apports, donc notre teint, nos ongles, la beauté de nos cheveux et de notre peau y sont très sensibles. De même, ce que l’on mange aura très vite un impact perceptible à travers notre haleine et notre transpiration. C’est pourquoi faire le plein de vitamines et minéraux tous les jours avec une alimentation variée mettant en avant les fruits et légumes me parait indispensable.

Il y a des facteurs que l’on peut difficilement contrôler, comme la pollution extérieure, mais cela n’empêche pas de faire attention à ce que l’on peut facilement adapter pour son bien. Bien dormir et éviter les sources de stress semblent des évidences mais le tout est de vraiment mettre en pratique ces petites choses.

Opter pour des produits éthiques plus respectueux

En plus de contenir des ingrédients potentiellement dangereux pour notre santé, la majorité des produits cosmétiques contiennent des polluants et sont testés sur les animaux. Pour se laver, prendre soin de son corps, se faire belle ou beau, il existe des alternatives plus respectueuses.

Pour en savoir plus sur les labels des cosmétiques bio, je vous invite à lire cet article sur le site Mademoiselle Bio qui les énumère et explique leurs garanties. Le label One Voice qui a beaucoup évolué récemment garantie « des produits qui non seulement respectent et préservent la vie animale mais aussi la planète et donc la vie humaine. » Tous les produits qu’ils répertorient contiennent des ingrédients issus de l’agriculture biologique, non testés sur les animaux et ne renferment pas de produits animaux.

Avoir quelques recettes « sous le coude »

Personnellement, j’aime de plus en plus aller au plus simple. Respecter autant mon corps que l’environnement a beaucoup d’importance pour moi, de plus, ce genre de produits est très économique.

Ainsi, je suis fan d’argiles, d’huiles végétales variées, de beurre karité, de gel d’aloé vera, d’hydrolats (surtout l’eau de rose), de vinaigre… Ces produits de base me suffisent, mais je connais aussi quelques recettes hyper faciles !

  • Liniment :
50% d’huile végétale au choix + 50% d’eau de chaux
Le tout bien battu au fouet pour un mélange homogène (ajout facultatif : eaux florales et huiles essentielles) -> Utiliser comme crème hydratante, démaquillant, nettoyant du visage et… idéal pour les fesses de bébé.
  • Shampoing douche :
2 cuillères à café de rhassoul + 1 à 2 cuillère(s) à soupe d’eau
(Ajout facultatif : eaux florales et huiles essentielles) -> Utiliser comme shampoing à appliquer sur le cuir chevelu et  à laisser poser une dizaine de minutes, et comme lavant pour la peau.
  • Gommage :
Marc de café -> Utiliser sur le corps en massant doucement la peau.
  • Lotion de rinçage pour cheveux :

1 cuillère à soupe de vinaigre (de cidre de préférence) ou de citron + 1/2 litre d’eau
(Ajout facultatif : eaux florales) -> Utiliser comme dernière eau de rinçage.

Rhassoul, eau de rose, huiles essentielles

Connaître de bonnes adresses

Une experte en plantes :

Floridiane : la santé et la beauté par les plantes c’est son dada !

Des expertes en beauté vegan :

Vegan Power, Liquirizia.

Quelques expertes en fait maison :

By Reo, Emilie Cosmeto, Caly Beauty.

Des fournisseurs de produits biologiques et (majoritairement) vegan :

Aroma Zone, Vegan Mania, Lush.

Et pour des pistes vers une consommation plus éthique dans tous les domaines de la vie, consultez mon Guide Ethique !

Interview – Sylvie, Luc & Laura de l’Oasis Végan’imaux

 18 novembre 2010

Dans le cadre des rencontres de Pigut, je vous propose de découvrir Sylvie, Luc et leur fille Laura de l’Oasis Végan’imaux.

Aux commandes de l’Oasis, association végan secourant des animaux victimes de la société, on trouve une famille tout à fait remarquable. Nos premiers échanges ont eu lieu sur internet au travers de forums et par nos sites respectifs. Devenue, inconditionnelle du blog végan de Laura, je suis avec plaisir les nouvelles des animaux de l’Oasis et les articles de réflexion sur le véganisme entrecoupés de recettes et d’idées couture.

Et puis un jour, je lis qu’ils cherchent des bénévoles pour les remplacer quelques week-end par an afin de pouvoir visiter leur famille. Ni une ni deux, Mr. Screugneugneu et moi consultons nos agendas respectifs (hyper chargés bien sûr!) et convenons d’une date pour venir les aider. C’est là que j’ai eu la chance de les rencontrer et de passer quelques jours à l’Oasis qui, croyez-moi, porte vraiment bien son nom!

L'ambiance à l'Oasis

Points de vue à l'Oasis... qui porte bien son nom

Je vous invite à faire leur connaissance à votre tour avec cette interview, tout en apprenant davantage sur l’Oasis Végan’imaux.

Pouvez-vous nous présenter votre famille et nous en dire plus sur vous en quelques mots?

Nous sommes une famille avec 4 enfants. Nous habitons en Normandie depuis 4 ans après avoir quitté la région parisienne où nous vivions déjà de manière alternative puisque nous avons pratiqué l’instruction en famille. Les trois grands sont maintenant dans leur vie adulte et ne nous ont pas suivi. Nous sommes végans depuis trois ans. Nous avons la cinquantaine et nous vivons avec notre fille de 16 ans.

Vous avez quitté votre vie citadine pour une existence très différente à la campagne, quels ont été les éléments déclencheurs de cette démarche?

Sylvie : Nous passions la plupart de nos week-end à faire des randonnées et à être en contact avec la nature. Ensuite, nous avons acheté une maison à la campagne pour y venir pendant notre temps libre. Malheureusement nous n’avions pas assez de temps pour concrétiser nos projets.Nous avons donc décider de venir nous installer définitivement à la campagne.

Luc: Une certaine lassitude du travail tel qu’il est aujourd’hui, m’a poussé à penser à une vie en autarcie liée à une simplicité volontaire.

Laura : A l’époque, j’avais 12 ans et ma motivation était qu’en venant habiter à la campagne nous pouvions sauver Mouchki (note : cliquez ici pour en savoir plus sur Mouchki) et vivre avec elle.

Chienne Mouchki de l'Oasis Veganimaux

La chienne Mouchki

Comment avez-vous vécu ce changement de vie? Qu’est ce que cela a changé à votre quotidien et dans vos esprits?

Sylvie et Luc : Il a fallu organiser nos journées très différentes de celles que nous avions en région parisienne. Nous sommes en permanence au contact de la nature.

Laura : J’étais très contente de venir vivre à la campagne et changer de vie était une expérience intéressante. Je vois vraiment le changement quand je retourne en ville, dans un appartement, même si ce n’est que pour quelques jours. Ce que j’adore à la campagne, c’est de pouvoir passer des journées sans voir personne et d’être tranquille dans notre chez-nous, pas de voisins juste à coté. Mais il y a la chasse six mois de l’année et nous vivons au milieu des éleveurs… Se rendre compte de la vérité en direct est important, mais la vivre chaque jour, c’est dur pour le moral.

Vous avez créé l’association L’Oasis Végan’imaux, comment est-elle née? Quels en sont les différents objectifs et fonctions?

Nous avons créé l’Oasis pour protéger les réfugiés que nous avons accueillis. Nous essayons de leur offrir une « belle » vie et sans devoir exploiter d’autres animaux pour les nourrir (ils sont tous végétaliens)

Les deux fonctions principales :

* Protéger nos réfugiés (de manière financière pour subvenir à leurs besoins et bénévole pour les garder durant nos absences)
* Informer sur les droits des animaux et promouvoir le véganisme d’une façon abolitionniste.

Quelle évolution voyez-vous pour l’association et comment peut-on vous y aider?

L’Oasis accueille une quarantaine d’animaux malheureusement nous ne pouvons en accueillir d’autres pour des raisons financières.

Le budget annuel de l’association est d’environ 4000 €.

Aujourd’hui, nous finançons les trois quarts mais c’est de plus en plus difficile pour nous. C’est surtout une aide financière, dons alimentaires, et participation bénévole pendant nos absences qui peuvent beaucoup aider l’association.

Animaux de l'Oasis Végan'imaux

L'Oasis prend soin d'une 40aine d'animaux victimes de notre société

Vous avez fait le choix du végétarisme puis du véganisme, qu’est ce qui vous a poussé en ce sens? Comment s’est passée votre « conversion »?

Sylvie et Luc : Laura nous a fait prendre conscience de la souffrance des animaux quand elle avait 9 ans et demi.

Laura : Nous sommes devenus végans fin 2007 lorsque nous avons vraiment pris conscience de l’exploitation animale en voyant les vaches laitières et les veaux séparés de leurs mères dans la ferme bio où nous allions chercher du lait. On a découvert le véganisme en cherchant sur Internet et nous le sommes devenus très rapidement. Pour la réflexion sur la façon de militer etc., cela a pris plus de temps. J’avais arrêté la viande ainsi que le cuir et les produits testés sur animaux 3 ans auparavant.

Changement de rythme de vie, d’alimentation, de milieu, dans vos rapports avec les autres animaux, il semblerait que ce soit toute votre façon d’appréhender la vie qui évolue. La réflexion entraînerait-elle plus de réflexion pour vous? Vers quoi tendez-vous aujourd’hui?

Sylvie et Luc : Etre végan abolitionniste , c’est vivre avec plus de cohérence et après une réflexion sur la société nous tendons vers la simplicité volontaire.

Laura : Oui, je crois que le fait d’être végane avec une approche abolitionniste m’a amené à réfléchir sur plein de choses (par exemple sur les humains).

Quelles ont été les réactions de votre entourage face à ces choix de vie différents?

Sylvie et Luc : Beaucoup d’inquiétudes de nos proches, nous les rassurons en essayant de rester toujours nous-même en accord avec nos idées.

Laura : Il vaut mieux être seul que mal accompagné :)

Avez-vous de petits conseils pour ceux qui souhaitent s’orienter vers un mode de vie alternatif?

Luc : Eteignez votre TV et observez la nature !

Laura : … Eteignez votre radio, écoutez les oiseaux :)

Plus sérieusement, c’est très simple d’être végan et c’est logique sur tous les points. Et penser aux animaux exploités, tués, est motivant : ce n’est pas possible d’accepter l’exploitation animale quand on en a pris conscience.

Sylvie : Il existe une incompatibilité entre la vie en simplicité volontaire et l’accueil des animaux qui entraînent des dépenses importantes, il faut donc trouver un juste milieu.

Quelles seraient pour vous les clés d’une vie équilibrée et heureuse?

Sylvie et Luc : Ne pas exploiter les humains et les animaux

Laura : Vivre sans exploiter les animaux, être libre en tant qu’humaine (vis à vis de l’état, du travail, des autres…) et faire beaucoup par soi-même.

Quels sont vos voeux et projets à chacun pour l’avenir?

Laura : J’espère que le mouvement abolitionniste va se développer en France et qu’ensemble nous pourrons monter de plus en plus de projets militants pour défendre les animaux. Je suis également en train de réfléchir à un projet pour aider les animaux réfugiés qui sont mal logés et mal soignés dans les chenils des soi-disant « refuges », mais ce ne sera pas pour tout de suite.

Sylvie et Luc : De même, nous espérons un développement du véganisme abolitionniste.

Nous espérons aussi vivre sans les contraintes du capitalisme, que chacun puisse choisir ses méthodes d’instruction.

Nous souhaitons longue vie à l’Oasis et tendre vers une vie en autarcie.

Je partage ces voeux de tout coeur et souhaite également longue vie à l’Oasis! Un grand merci à toute la famille pour avoir répondu à PIGUT.

Interview – Françoise Degenne

 11 octobre 2010

Dans le cadre des rencontres de Pigut, je vous propose de découvrir Françoise Degenne.

Mon premier contact avec Françoise a eu lieu par email, elle découvrait PIGUT et me proposait une apparition en tant que blog à l’honneur dans le journal de l’Association Végétarienne de France. S’en sont suivis divers échanges très intéressants.

Traductrice, bénévole pour l’Association Végétarienne de France, Françoise ne chôme pas! Son enthousiasme, sa vision de la vie et sa bonne humeur communicative m’ont tout de suite séduite, j’ai donc voulu en savoir plus sur sa personnalité et son parcours.

Je vous invite à la découvrir à travers cette interview à laquelle elle a accepté de répondre avec la méticulosité qui la caractérise.

Proud to be a Vegetarian

Françoise nous précise avec beaucoup d'humour qu'elle est moins rouge au naturel

Peux-tu te décrire et nous en dire plus sur ce qui te touche dans la vie en quelques mots?
Pour situer, j’ai la cinquantaine. Je vis avec mon compagnon depuis plus de 30 ans (!) et nous avons une fille étudiante. Nous vivons dans un village, où nous avons rénové un vieux bâtiment abandonné, curieusement il s’agit d’un ancien abattoir !!! Qui sait l’influence que cela a eu sur notre changement d’alimentation ?
C’est banal, mais c’est l’injustice qui me révolte le plus et je la perçois pratiquement partout. Mais on s’épuise à lutter sur tous les fronts. Alors depuis 6 ans, j’ai fait le choix d’oeuvrer à la promotion du végétarisme pour tenter d’amener de plus en plus de gens à épargner les animaux et à changer la perception que nous en avons. Je crois qu’un changement d’attitude envers son alimentation provoque une cascade d’autres changements, ou au minimum de nouvelles pistes de réflexion.

Tu es traductrice de profession, en quoi consiste ce métier, comment l’as-tu choisi?
Il m’a fallu un peu de temps avant de savoir « ce que j’allais faire ». Les langues (anglais et espagnol) m’ont toujours attirée et je ne voulais pas être prof. J’aime l’idée de faciliter les relations entre des personnes de langues différentes. J’ai un peu voyagé et j’ai pu constater comme c’était génial de pouvoir vraiment communiquer avec les gens, autrement que par gestes ou avec un vocabulaire limité. L’essentiel de mon travail n’est pas forcément très intéressant en termes de contenu, je connais des périodes très actives et d’autres plus creuses, mais je n’ai pas de patron et c’est très précieux !

Végétarienne depuis l’an 2000, comment en es-tu arrivée à faire le choix du végétarisme?
Ca, c’est une question qu’on me pose souvent. Il m’a fallu des mois avant d’en arriver à ce 31 décembre 1999 où j’ai annoncé à ma famille que désormais, la viande, c’était fini pour moi. En réalité, il m’a fallu 40 ans… J’ai toujours vécu à la campagne et j’ai vu des poulets égorgés, des lapins saignés, même des retours de chasse triomphaux ! (Oui, j’ai plumé des perdreaux et des cailles dans mon enfance) Et j’entends encore les cris poussés par ce cochon tué à coups de maillet par le boucher du village. Je devais avoir 8 ou 9 ans. Au début, j’ai cru que c’était un humain. Je me suis enfuie, j’étais bouleversée. Et je n’ai toujours pas compris pourquoi je n’avais jamais réussi à faire le lien entre ce moment épouvantable et la tranche de jambon du dîner. Je crois que je n’ai jamais imaginé qu’il était possible de ne pas manger de viande. Comme quelque chose qui n’existe pas.

Mais dans les années 90, à la maison, on en était arrivés à manger assez mal, toujours la même chose. Je n’avais plus envie de cuisiner. Je commençais à voir l’animal vivant derrière le morceau de viande et ça devenait assez perturbant. Mais végétarien ? J’en avais la représentation classique (le grand type maigre devant ses carottes râpées) et ça ne me faisait pas très envie. Je n’en avais jamais rencontré « pour de vrai ». Et un jour, lors d’un dîner entre membres d’une association, la personne qui nous recevait avait préparé un rôti de porc et une des invités a dit que « non merci, je ne mange pas de viande ». En fait, elle mangeait de la volaille et du poisson, mais peu importe. Le déclic pour moi, je crois, ça a été de constater que ça ne posait de problème à personne. Sa déclaration a été accueillie le plus naturellement du monde. Je n’en revenais pas. Et pour moi, c’est devenu une évidence : j’allais donc enfin pouvoir arrêter de manger des animaux. Et on ne me lyncherait pas ! Quel soulagement !

Quelles ont été les réactions de ton entourage face à ce changement?
J’avais prévenu que je ne voulais imposer mon choix à personne et que je continuerai à cuisiner « normalement ». Et au bout de 3 semaines, mon compagnon m’a dit qu’il voulait manger comme moi. Ma fille, collégienne à l’époque, a suivi au bout de très peu de temps. Nous sommes donc rapidement devenus une famille sans cruauté. Pour mes parents, ça a été un peu plus difficile à accepter et à comprendre. Il y a eu beaucoup de questions de posées, sur les protéines, les carences, etc. Je sentais de l’inquiétude et une certaine perplexité. Je sais bien que ce changement a remis pas mal de choses en cause, toute une histoire familiale, mais nous ne sommes pas une famille de querelleurs. Avec le temps, tout s’est apaisé et je leur suis sincèrement reconnaissante de l’avoir toléré puis accepté et enfin presque adopté. Mes parents mangent maintenant du tofu et du seitan… Et ils adorent ma mousse au chocolat au tofu soyeux !
En ce qui concerne les amis, un certain tri s’est opéré assez naturellement. Pour certains, nous sommes devenus des empêcheurs-de-manger-tranquillement-en-rond, d’autres ont su faire les quelques efforts d’adaptation nécessaires, ont manifesté un certain intérêt, et surtout, ne nous ont ni jugés ni condamnés. Et quand on dit « Un de perdu, dix de trouvés », ça a parfaitement fonctionné. Nous avons perdu quelques amis carnivores et en avons gagné beaucoup avec qui nous partageons cette conviction fondamentale.

Comment s’est passé ta « conversion » vers l’alimentation végétale?
De façon assez classique, je suppose. Par exemple, ma première expérience de tofu a été un peu déconcertante. Pour tout dire, j’ai trouvé ça infect. Et puis j’ai appris qu’il fallait le faire macérer…
J’ai acheté un ou deux livres de cuisine et je me suis lancée !
J’ai vite compris qu’une alimentation ovo-lacto-végétarienne n’était pas satisfaisante sur le plan éthique, alors petit à petit, j’ai éliminé les yaourts, le beurre, le lait et le fromage de vache. Je consommais encore un peu de fromage de chèvre, mais c’est fini. C’est vraiment une histoire mentale. Je vois l’animal. Devant un morceau de fromage de chèvre, je vois le chevreau qui part à l’abattoir. Devant un morceau de comté ou autre, je vois la vache qui pleure le veau qu’on vient de lui enlever.
J’ai mangé des oeufs assez longtemps parce que nous avions construit un poulailler et adopté 5 poulettes naines, avec chacune son nom et… son caractère. Ce sont des créatures vraiment intelligentes. L’amie qui me les avait données m’avait prévenue : « ne sous-estime jamais une poule ! » Et effectivement, elles m’ont souvent surprises par leur inventivité. Elles sont mortes maintenant et les seuls oeufs que je consomme – rarement – sont ceux que me donnent des personnes « bien », qui élèvent leurs poules et ne les mangent pas.
J’adore découvrir des trucs nouveaux et je ne me décourage pas quand ça ne répond pas à mes attentes. J’aime bien cuisiner aussi, mon seul regret est de manquer de temps pour ça. Mais ça ne m’empêche pas d’acheter des livres de cuisine !!!

Quels seraient tes conseils pour ceux qui souhaitent se lancer également dans l’aventure végéta*ienne?
Foncez ! Allez-y ! C’est tellement génial d’avoir la conscience tranquille. Ne vous posez pas trop de questions (ça revient parfois à se chercher des excuses). Donc, essayez des aliments, des modes de cuisson, lisez les blogs, adhérez à l’AVF !!! Nous sommes là pour écouter, accompagner, conseiller, rassurer et encourager. J’admire les gens qui étaient végétariens il y a 60 ou 80 ans. Les choses ont tellement évolués que franchement, il n’y a pas à hésiter !

Tu es bénévole pour l’Association Végétarienne de France (AVF), quels sont tes rôles?
J’ai deux casquettes : une locale. Je représente l’association en Touraine, j’y organise des ateliers de cuisine (avec Anne Brunner, que tu dois connaître) et depuis l’an dernier, je tiens un stand au salon Fougère fin septembre. Les activités vont s’étoffer très bientôt car nous allons devenir « délégation », donc plusieurs personnes, et nous pourrons organiser plus de choses, ne serait-ce que des stands réguliers.
Je fais également partie du conseil d’administration. Je m’occupe des pages cuisine de notre revue Alternatives Végétariennes et de la traduction de certains articles, de relectures, notre petite newsletter, etc.

Pourquoi choisir de promouvoir le végétarisme aujourd’hui?
Parce que je dois aimer la difficulté !!! Je reconnais que c’est plus facile maintenant, mais lutter contre les habitudes, les contre-vérités, les certitudes, la « tradition », ça reste une affaire de chaque minute. Mon objectif premier, c’est qu’on arrête de tuer les animaux. Pour cela, il faut que l’humain arrête de se croire plus fort que tout le monde et de considérer la planète comme son bien personnel. Je voudrais vivre dans une société où chacun aurait sa place et respecterait l’autre, humain ou animal. Je ne pense pas vivre assez longtemps pour le voir, soyons réalistes, mais c’est la solution à bien des problèmes économiques autant que moraux. Ne plus manger de viande pour éviter la déforestation, les OGM, les pollutions, les maladies, c’est vraiment excellent. Mais l’autre dimension, c’est que je pense que quand on ne tue pas (je veux dire quand le meurtre – d’un humain comme d’un animal – est tabou), on accède à autre chose. Je ne suis pas « mystique », j’ai les pieds sur terre, mais un peu de spiritualité n’a jamais fait de mal à personne. Je parlais d’avoir la conscience tranquille plus haut. Imagine ce que serait la vie sur cette planète si nous faisions tous en sorte que ce soit la réalité !!! Quel bonheur ce serait !

Que défend exactement l’AVF, quelles sont ses actions? Pourquoi rejoindre une telle association?
L’objectif premier d’AVF est de promouvoir le végétarisme, en expliquant pourquoi c’est bon et bien (alimentation, santé, environnement, et bien sûr animaux). Nous faisons un gros travail de documentation et je ne crois pas me tromper en disant que nous sommes une référence dans ce domaine. Nous avons un réseau de délégués qui font des actions (stands, ateliers de cuisine, etc.), nous publions une revue trimestrielle et animons un site Internet.
Très franchement, j’ai rejoint l’AVF parce qu’en 2004, je crois n’avoir trouvé qu’elle sur Internet. J’ai vu que le montant de l’adhésion n’était pas bien élevé et j’ai adhéré « pour voir ». Et j’ai tellement bien vu que j’y suis encore -;) Je ne regrette vraiment pas. J’ai trouvé à l’AVF des personnes de grande qualité et des amis. Je m’y sens très bien.

Constates-tu une évolution des mentalités dans la relation entre les humains et les autres animaux?
Oui et non. Non parce que je ne vois pas d’abattoirs qui ferment, et pas d’augmentation fulgurante du nombre de végétariens. Oui, parce que malgré tout, les gens voient certains reportages à la télé et que petit à petit, ils prennent conscience que quelque chose ne va pas. Mais c’est très fragile. J’ai l’impression qu’une grande partie de la population est anesthésiée, notamment par la télé, mais c’est un autre débat. « On » nous fait avaler n’importe quoi, au propre comme au figuré. Je n’ai plus de télé depuis plusieurs années, et je suis certaine que des passer ses soirées à faire autre chose (lire en ce qui me concerne parce que le cinéma est trop loin, ou regarder un DVD) joue un grand rôle. C’est un luxe d’avoir le temps de réfléchir, mais c’est un luxe que beaucoup pourraient s’offrir sans problème.

Comment imagines-tu l’évolution du végétarisme en France et à travers le monde?
En France, l’évolution passe par le travail de forcené réalisé par les associations (végétariennes, de protection animale, de défense de l’environnement), mais elle est très lente. Quand on voit les arguments qui sont donnés contre « un jour végétarien » dans les collectivités, c’est assez ahurissant et déprimant. J’ai le sentiment que partout dans le monde, nous sommes une poignée à ramer à contre-courant. Je ne suis pas certaine d’être très optimiste…
L’évolution du végétarisme est liée à celle de nos sociétés, et je ne me retrouve pas dans ce qu’on appelle le « progrès ». Donc, il faut continuer à essayer d’inverser la tendance. Inlassablement.

Entre ton travail et tes diverses responsabilités, trouves-tu le temps pour t’épanouir dans ta vie personnelle?
Je ne le trouve pas toujours, mais je le prends ;-) Je fais tout moins qu’avant (lire, voyager), mais je trouve toujours du temps pour ma famille, et pour de petites escapades.
Je rêve d’arrêter de travailler pour pouvoir m’organiser autrement, mais le contexte n’est pas exactement favorable, n’est-ce pas ? Donc, je me débrouille pour être aussi « multitâche » que possible !

Quelles seraient pour toi les clés d’une vie équilibrée et heureuse?
Je n’ai pas la recette exacte, mais il me semble que cela passe par une répartition équilibrée des activités professionnelles, associatives et de la vie familiale et sociale. La possibilité de pouvoir se poser dans le calme pour recharger ses batteries.
Je suis très loin d’être malheureuse : j’habite à la campagne, je travaille chez moi, ça me convient très bien parce que je m’entends bien avec moi-même ;-) .

Quels sont tes voeux et projets pour l’avenir?
Avoir encore autant d’énergie pendant de longues années, continuer à apporter ce que je peux à AVF, déménager dans un endroit plus isolé (chuut, nos deux chattes ne sont pas encore au courant !), améliorer encore l’aspect « écolo et décroissant » de notre vie et… mettre le nez dehors un peu plus souvent.

A un niveau plus général : que les mentalités bougent vraiment !

Un grand merci à Françoise d’avoir pris un peu de son précieux temps pour répondre à PIGUT. Avec ses engagements positifs, je ne peux que souhaiter la réalisation de ses voeux!

Peux-tu te décrire et nous en dire plus sur ce qui te touche dans la vie en quelques mots?
Pour situer, j’ai la cinquantaine. Je vis avec mon compagnon depuis plus de 30 ans (!) et nous avons une fille étudiante. Nous vivons dans un village, où nous avons rénové un vieux bâtiment abandonné, curieusement il s’agit d’un ancien abattoir !!!. Qui sait l’influence que cela a eu sur notre changement d’alimentation ?
C’est banal, mais c’est l’injustice qui me révolte le plus et je la perçois pratiquement partout. Mais on s’épuise à lutter sur tous les fronts. Alors depuis 6 ans, j’ai fait le choix d’oeuvrer à la promotion du végétarisme pour tenter d’amener de plus en plus de gens à épargner les animaux et à changer la perception que nous en avons. Je crois qu’un changement d’attitude envers son alimentation provoque une cascade d’autres changements, ou au minimum de nouvelles pistes de réflexion.
Tu es traductrice de profession, en quoi consiste ce métier, comment l’as-tu choisi?
Il m’a fallu un peu de temps avant de savoir « ce que j’allais faire ». Les langues (anglais et espagnol) m’ont toujours attirée et je ne voulais pas être prof. J’aime l’idée de faciliter les relations entre des personnes de langues différentes. J’ai un peu voyagé et j’ai pu constater comme c’était génial de pouvoir vraiment communiquer avec les gens, autrement que par gestes ou avec un vocabulaire limité. L’essentiel de mon travail n’est pas forcément très intéressant en termes de contenu, je connais des périodes très actives et d’autres plus creuses, mais je n’ai pas de patron et c’est très précieux !
Végétarienne depuis l’an 2000, comment en es-tu arrivée à faire le choix du végétarisme?
Ca, c’est une question qu’on me pose souvent. Il m’a fallu des mois avant d’en arriver à ce 31 décembre 1999 où j’ai annoncé à ma famille que désormais, la viande, c’était fini pour moi. En réalité, il m’a fallu 40 ans… J’ai toujours vécu à la campagne et j’ai vu des poulets égorgés, des lapins saignés, même des retours de chasse triomphaux ! (Oui, j’ai plumé des perdreaux et des cailles dans mon enfance) Et j’entends encore les cris poussés par ce cochon tué à coups de maillet par le boucher du village. Je devais avoir 8 ou 9 ans. Au début, j’ai cru que c’était un humain. Je me suis enfuie, j’étais bouleversée. Et je n’ai toujours pas compris pourquoi je n’avais jamais réussi à faire le lien entre ce moment épouvantable et la tranche de jambon du dîner. Je crois que je n’ai jamais imaginé qu’il était possible de ne pas manger de viande. Comme quelque chose qui n’existe pas.
Mais dans les années 90, à la maison, on en était arrivés à manger assez mal, toujours la même chose. Je n’avais plus envie de cuisiner. Je commençais à voir l’animal vivant derrière le morceau de viande et ça devenait assez perturbant. Mais végétarien ? J’en avais la représentation classique (le grand type maigre devant ses carottes râpées) et ça ne me faisait pas très envie. Je n’en avais jamais rencontré « pour de vrai ». Et un jour, lors d’un dîner entre membres d’une association, la personne qui nous recevait avait préparé un rôti de porc et une des invités a dit que « non merci, je ne mange pas de viande ». En fait, elle mangeait de la volaille et du poisson, mais peu importe. Le déclic pour moi, je crois, ça a été de constater que ça ne posait de problème à personne. Sa déclaration a été accueillie le plus naturellement du monde. Je n’en revenais pas. Et pour moi, c’est devenu une évidence : j’allais donc enfin pouvoir arrêter de manger des animaux. Et on ne me lyncherait pas ! Quel soulagement !
Quelles ont été les réactions de ton entourage face à ce changement?
J’avais prévenu que je ne voulais imposer mon choix à personne et que je continuerai à cuisiner « normalement ». Et au bout de 3 semaines, mon compagnon m’a dit qu’il voulait manger comme moi. Ma fille, collégienne à l’époque, a suivi au bout de très peu de temps. Nous sommes donc rapidement devenus une famille sans cruauté. Pour mes parents, ça a été un peu plus difficile à accepter et à comprendre. Il y a eu beaucoup de questions de posées, sur les protéines, les carences, etc. Je sentais de l’inquiétude et une certaine perplexité. Je sais bien que ce changement a remis pas mal de choses en cause, toute une histore familiale, mais nous ne sommes pas une famille de querelleurs. Avec le temps, tout s’est apaisé et je leur suis sincèrement reconnaissante de l’avoir toléré puis accepté et enfin presque adopté. Mes parents mangent maintenant du tofu et du seitan… Et ils adorent ma mousse au chocolat au tofu soyeux !

En ce qui concerne les amis, un certain tri s’est opéré assez naturellement. Pour certains, nous sommes devenus des empêcheurs-de-manger-tranquillement-en-rond, d’autres ont su faire les quelques efforts d’adaptation nécessaires, ont manifesté un certain intérêt, et surtout, ne nous ont ni jugés ni condamnés. Et quand on dit « Un de perdu, dis de trouvés », ça a parfaitement fonctionné. Nous avons perdu quelques amis carnivores et en avons gagné beaucoup avec qui nous partageons cette conviction fondamentale.
Comment s’est passé ta « conversion » vers l’alimentation végétale?
De façon assez classique, je suppose. Par exemple, ma première expérience de tofu a été un peu déconcertante. Pour tout dire, j’ai trouvé ça infect. Et puis j’ai appris qu’il fallait le faire macérer…
J’ai acheté un ou deux livres de cuisine et je me suis lancée !
J’ai vite compris qu’une alimentation ovo-lacto-végétarienne n’était pas satisfaisante sur le plan éthique, alors petit à petit, j’ai éliminé les yaourts, le beurre, le lait et le fromage de vache. Je consommais encore un peu de fromage de chèvre, mais c’est fini. C’est vraiment une histoire mentale. Je vois l’animal. Devant un morceau de fromage de chèvre, je vois le chevreau qui part à l’abattoir. Devant un morceau de comté ou autre, je vois la vache qui pleure le veau qu’on vient de lui enlever.
J’ai mangé des oeufs assez longtemps parce que nous avions construit un poulailler et adopté 5 poulettes naines, avec chacune son nom et… son caractère. Ce sont des créatures vraiment intelligentes. L’amie qui me les avait données m’avait prévenue : « ne sous-estime jamais une poule ! » Et effectivement, elles m’ont souvent surprises par leur inventivité. Elles sont mortes maintenant et les seuls oeufs que je consomme – rarement – sont ceux que me donnent des personnes « bien », qui élèvent leurs poules et ne les mangent pas.
J’adore découvrir des trucs nouveaux et je ne me décourage pas quand ça ne répond pas à mes attentes. J’aime bien cuisiner aussi, mon seul regret est de manquer de temps pour ça. Mais ça ne m’empêche pas d’acheter des livres de cuisine !!!
Quels seraient tes conseils pour ceux qui souhaitent se lancer également dans l’aventure végéta*ienne?
Foncez ! Allez-y ! C’est tellement génial d’avoir la conscience tranquille. Ne vous posez pas trop de questions (ça revient parfois à se chercher des excuses). Donc, essayez des aliments, des modes de cuisson, lisez les blogs, adhérez à l’AVF !!! Nous sommes là pour écouter, accompagner, conseiller, rassurer et encourager. J’admire les gens qui étaient végétariens il y a 60 ou 80 ans. Les choses ont tellement évolués que franchement, il n’y a pas à hésiter !
Tu es bénévole pour l’Association Végétarienne de France (AVF), quels sont tes rôles?
J’ai deux casquettes : une locale. Je représente l’association en Touraine, j’y organise des ateliers de cuisine (avec Anne Brunner, que tu dois connaître) et depuis l’an dernier, je tiens un stand au salon Fougère fin septembre. Les activités vont s’étoffer très bientôt car nous allons devenir « délégation », donc plusieurs personnes, et nous pourrons organiser plus de choses, ne serait-ce que des stands réguliers.
Je fais également partie du conseil d’administration. Je m’occupe des pages cuisine de notre revue Alternatives Végétariennes et de la traduction de certains articles, de relectures, notre petite newsletter, etc.
Pourquoi choisir de promouvoir le végétarisme aujourd’hui?
Parce que je dois aimer la difficulté !!! Je reconnais que c’est plus facile maintenant, mais lutter contre les habitudes, les contre-vérités, les certitudes, la « tradition », ça reste une affaire de chaque minute. Mon objectif premier, c’est qu’on arrête de tuer les animaux. Pour cela, il faut que l’humain arrête de se croire plus fort que tout le monde et de considérer la planète comme son bien personnel. Je voudrais vivre dans une société où chacun aurait sa place et respecterait l’autre, humain ou animal. Je pense pas vivre assez longtemps pour le voir, soyons réalistes, mais c’est la solution à bien des problèmes économiques autant que moraux. Ne plus manger de viande pour éviter la déforestation, les OGM, les pollutions, les maladies, c’est vraiment excellent. Mais l’autre dimension, c’est que je pense que quand on ne tue pas (je veux dire quand le meurtre – d’un humain comme d’un animal – est tabou), on accède à autre chose. Je ne suis pas « mystique », j’ai les pieds sur terre, mais un peu de spiritualité n’a jamais fait de mal à personne. Je parlais d’avoir la conscience tranquille plus haut. Imagine ce que serait la vie sur cette planète si nous faisions tous en sorte que ce soit la réalité !!! Quel bonheur ce serait !
Que défend exactement l’AVF, quelles sont ses actions? Pourquoi rejoindre une telle association?
L’objectif premier d’AVF est de promouvoir le végétarisme, en expliquant pourquoi c’est bon et bien (alimentation, santé, environnement, et bien sûr animaux). Nous faisons un gros travail de documentation et je ne crois pas me tromper en disant que nous sommes une référence dans ce domaine. Nous avons un réseau de délégués qui font des actions (stands, ateliers de cuisine, etc.), nous publions une revue trimestrielle et animons un site Internet.
Très franchement, j’ai rejoint l’AVF parce qu’en 2004, je crois n’avoir trouvé qu’elle sur Internet. J’ai vu que le montant de l’adhésion n’était pas bien élevé et j’ai adhéré « pour voir ». Et j’ai tellement bien vu que j’y suis encore -;) Je ne regrette vraiment pas. J’ai trouvé à l’AVF des personnes de grande qualité et des amis. Je m’y sens très bien.
Constates-tu une évolution des mentalités dans la relation entre les humains et les autres animaux?
Oui et non. Non parce que je ne vois pas d’abattoirs qui ferment, et pas d’augmentation fulgurante du nombre de végétariens. Oui, parce que malgré tout, les gens voient certains reportages à la télé et que petit à petit, ils prennent conscience que quelque chose ne va pas. Mais c’est très fragile. J’ai l’impression qu’une grande partie de la population est anesthésiée, notamment par la télé, mais c’est un autre débat. « On » nous fait avaler n’importe quoi, au propre comme au figuré. Je n’ai plus de télé depuis plusieurs années, et je suis certaine que des passer ses soirées à faire autre chose (lire en ce qui me concerne parce que le cinéma est trop loin, ou regarder un DVD) joue un grand rôle. C’est un luxe d’avoir le temps de réfléchir, mais c’est un luxe que beaucoup pourraient s’offrir sans problème.
Comment imagines-tu l’évolution du végétarisme en France et à travers le monde?
En France, l’évolution passe par le travail de forcené réalisé par les associations (végétariennes, de protection animale, de défense de l’environnement), mais elle est très lente. Quand on voit les arguments qui sont donnés contre « un jour végétarien » dans les collectivités, c’est assez ahurissant et déprimant. J’ai le sentiment que partout dans le monde, nous sommes une poignée à ramer à contre-courant. Je ne suis pas certaine d’être très optimiste…
L’évolution du végétarisme est liée à celle de nos sociétés, et je ne me retrouve pas dans ce qu’on appelle le « progrès ». Donc, il faut continuer à essayer d’inverser la tendance. Inlassablement.
Entre ton travail et tes diverses responsabilités, trouves-tu le temps pour t’épanouir dans ta vie personnelle?
Je ne le trouve pas toujours, mais je le prends ;-) Je fais tout moins qu’avant (lire, voyager), mais je trouve toujours du temps pour ma famille, et pour de petites escapades.
Je rêve d’arrêter de travailler pour pouvoir m’organiser autrement, mais le contexte n’est pas exactement favorable, n’est-ce pas ? Donc, je me débrouille pour être aussi « multitâche » que possible !
Quelles seraient pour toi les clés d’une vie équilibrée et heureuse?
Je n’ai pas la recette exacte, mais il me semble que cela passe par une répartition équilibrée des activités professionnelles, associatives et de la vie familiale et sociale. La possibilité de pouvoir se poser dans le calme pour recharger ses batteries.
Je suis très loin d’être malheureuse : j’habite à la campagne, je travaille chez moi, ça me convient très bien parce que je m’entends bien avec moi-même ;-) .
Quels sont tes voeux et projets pour l’avenir?
Avoir encore autant d’énergie pendant de longues années, continuer à apporter ce que je peux à AVF, déménager dans un endroit plus isolé (chuut, nos deux chattes ne sont pas encore au courant !), améliorer encore l’aspect « écolo et décroissant » de notre vie et… mettre le nez dehors un peu plus souvent.

A un niveau plus général : que les mentalités bougent vraiment !

Interview – Karen Chevallier

 2 septembre 2010

Dans le cadre des rencontres de Pigut, je vous propose de découvrir Karen Chevallier.

Karen m’a fait la joie de me faire parvenir le livre Chocolat Bio qu’elle a conçu en collaboration avec Annie Casamayou. Je ne vous cache pas que Mr Screugneugneu, avec son gros faible pour tout ce qui touche à la fève de cacao a été difficile à tenir lors de la lecture des recettes (à végétaliser parfois pour nous). De mon côté, ravie d’en apprendre plus sur le chocolat, j’étais également admirative devant le travail  des auteurs et curieuse de connaître le cheminement menant à l’écriture d’ouvrages de ce type, j’ai donc décidé d’en interroger la créatrice.

Conceptrice culinaire mettant en avant une cuisine bio de saison et proposant de nombreux plats sans gluten et souvent végéta*iens, Karen partage ses recettes sur le site Cuisine Saine et à travers les jolis livres de cuisine bio dont elle est l’auteur.

Je vous laisse la découvrir en appréhendant sa vision de la cuisine et son parcours à travers une interview à laquelle elle a aimablement répondu pour PIGUT.

Chocolat Bio

Peux-tu te décrire et nous en dire plus sur ce qui te touche dans la vie en quelques mots?
Ouaouh ! C’est vaste comme question. Beaucoup de choses me touchent, je suis assez sensible. Un paysage, un visage, un instant, un rire, un sourire, une larme, les gens me touchent en général en bien ou en mal d’ailleurs… Il n’y aurait pas les gens, et cette envie de partager qui me caractérise, je n’aurais sans doute jamais fait de blog. C’est dans les relations que je m’épanouis.

Comment t’es venue cette passion pour la cuisine?
De ma gourmandise ! J’ai toujours eu envie de « bien manger ». Je ne peux pas dire qu’il y a une grande culture de la cuisine dans ma famille. L’ambiance était plutôt au « vite fait mal fait » et ouvrir une boite de conserve était un reflexe familial je dirais… Alors dès que j’ai pu me mettre aux fourneaux je l’ai fait ! Et les conserves n’existent plus chez moi, on trouve juste des bocaux faits maison avec amour ;) !

Est-ce que tu créais déjà des recettes avant de commencer ton blog, les notais-tu?
Plus jeune, je suivais les recettes à la lettre. Comme si je faisais une formule magique compliquée et qu’il ne fallait surtout pas en sortir. Et un jour – comme si la fée cuisine s’était penché vers moi – j’ai compris comment la « chimie de la cuisine » fonctionnait ! :) J’ai commencé à inventer, tester dans tous les sens, je ne notais rien. Passer au bio vers l’âge de 20 ans (je vais sur mes 32) m’a fait faire tout un tas d’expérience ! C’est vraiment le blog qui m’a fait écrire toutes mes recettes car je n’avais pas du tout le reflexe et parfois j’oublie encore !

L’écriture de livres de cuisine était-elle un objectif pour toi?
Pas vraiment, déjà sans le blog ça ne me serait jamais venu à l’idée. Mais à force d’inventer et d’écrire pour le blog je me suis dit « oui tiens pourquoi pas ». J’ai collaboré avec Quelle santé sur un hors série sur la cuisine bio et j’ai eu envie d’aller plus loin, mais sans chercher à contacter un éditeur, ca commençait juste à me passer par la tête.

De quelle façon procèdes-tu pour créer une recette généralement?
En fait je ne me dis jamais « je vais créer une recette » c’est plutôt spontané. Je regarde ce qu’il y a dans mes placards et dans le réfrigérateur et hop c’est parti ! Pour les livres c’est différent j’ai un thème alors je me dis « j’aimerai faire quelque chose qui ressemble à ça » et ensuite je teste, j’invente…

Quelles sont tes sources d’inspiration?
Les livres de cuisine surtout j’en ai tout un stock, les magazines, les émissions de télé et les blogs aussi. Je lis beaucoup et de tout sur tout ce qui se mange :). Ca parle de nourriture, alors ça me parle ! C’est plus rare que je sois inspiré par un plat dans un restaurant, mais ça arrive !

Pourquoi promouvoir la cuisine bio?
Je n’ai pas seulement un blog de cuisine mais j’ai aussi un blog d’écologie donc tout se recoupe en fait :). Je pense que ce qu’on mange a une très grande importance sur la santé. Je suis convaincue que la bio c’est une très bonne solution. On ne pollue pas la terre (on ne scie pas la branche sur laquelle nous sommes assis) et en plus on n’ingurgite pas de produits phyto sanitaires toxiques !

Pour quelles raison t’orienter vers une alimentation sans gluten et sans lait?
Pour 2 raisons, j’ai lu « l’alimentation ou la 3ème médecine » qui prône une alimentation sans gluten ni lait. Ensuite j’ai deux amies qui ont stoppé leur maladie auto immune grâce à ce régime ! L’une n’avait plus aucun symptôme et l’autre a arrêté la progression de sa maladie alors que la chimio n’avait rien fait. Quand vous avez ce genre de témoignages ça remet forcément en cause la façon de voir les choses…

As-tu déjà pensé à te diriger vers le végétarisme, pourquoi?
Oui j’ai été végétarienne pendant 2 ans environ. Pas du tout par goût, mais parce que l’abattage des animaux, les poules en batteries, les mauvais traitements m’avaient choquées (et me choque toujours). Mais ça ne me convenait pas. J’ai beaucoup réduit la viande par rapport aux coutumes de ma famille. Je mange encore végétarien plusieurs jours par semaine, mais je m’interdis ni la viande, ni les œufs. Je n’aime pas la notion d’interdit en alimentation, je varie, je réduis ce qui me parait « moins sain » mais je me fais d’abord plaisir. Je consomme peu de produits laitiers mais je privilégie un bon fromage de chèvre de temps en temps par exemple. Je consomme moins, mais je consomme mieux, des animaux élevés en bio et qui se sont promenés dans les champs, certes ça a un coût mais il faut rester fidèle à ses convictions.

Comment s’est passé ton premier contact avec un éditeur?
C’est une histoire incroyable je trouve. J’ai dit à mon copain « je ferai bien un livre sur les glaces bio », j’avais mis au point plein de recettes sans lactose et j’étais assez contente du résultat ! Et environ 15 jours plus tard je reçois un mail de la maison d’éditions Anagramme « bonjour, nous avons testé et aimé vos recettes de glaces. Seriez-vous d’accord pour faire un livre sur ce sujet ? ». Autant dire que j’ai répondu « oui » de suite et après tout s’est enchainé très vite.

Lors des premiers contacts, as-tu proposé un projet fini ou simplement une idée élaborée? Comment le choix des sujets est-il décidé après le premier livre?
C’est Anagramme qui m’a proposé pour le premier, mais pour les autres livres j’ai proposé mes idées, ils me proposent aussi les leurs et on discute beaucoup. Rien n’est fermé. Il faut juste voir dans quelle collection ça peut rentrer. En tout cas je n’ai aucune obligation, je fais les livres qui me font plaisir avant tout. Je pense qu’avec le premier manuscrit j’ai fait mes preuves et on a une très belle relation de confiance.

Comment sont validées les recettes, sont-elles testées?
C’est moi qui teste et valide mes recettes, principalement sur ma famille et mes amis (voir mes collègues hihi !).

Comment se passe la prise des photos?
Je ne fais pas les photos de mes livres, Anagramme fait appel à des photographes culinaires. Mais je vais vous annoncer un scoop, personne n’est au courant encore mais c’est ma copine Griotte qui a fait les photos de mon 3ème livre à paraitre « les friandises bio » ! Pour le coup on les a faites ensemble, elle a pu tester mes recettes :)

Combien de temps te demande la préparation d’un livre?
C’est très variable ! Il y a des recettes qui marchent du premier coup et d’autres non. Pour les glaces j’étais super au point donc tout a été très vite. Le chocolat pareil j’étais très inspiré et en un mois j’ai sorti 21 recettes. Par contre les friandises j’ai du beaucoup expérimenter et apprendre des bases en confiserie. A part pour les demandes urgentes je pense qu’entre le moment où on parle de l’idée et que le livre sort il se passe bien un an.

Quelles sont les contraintes imposées par l’éditeur?
La seule vraie contrainte est de rester dans l’esprit de la collection. Je me sens assez libre dans mes créations ! :)

En terme de revenus, vis-tu de la publication de recettes?
Pas de tout :), je vie de mon travail dans le web. J’ai quand même débloqué du temps de travail pour la cuisine mais je ne pourrais pas vivre que de ça. Pour en vivre il faudrait que je travaille avec des magazines de manière plus récurrente, pour le moment c’est anecdotique. En plus j’adore mon métier donc pouvoir faire les deux me convient très bien ! J’aime varier, je pense que je serais un peu lassée de faire l’un des deux.

Quels sont tes projets à venir?
J’ai signé pour 2 nouveaux livres qui sortiront au printemps 2011. Oui je n’arrête plus !

Merci à Karen d’avoir pris du temps pour répondre avec beaucoup de pêche et surtout bonne route à elle pour la suite!

Spécisme, qu’est ce que ça veut dire ???

 30 août 2010

Je vous propose de vous familiariser avec des concept liés au spécisme, une première approche consise mais indispensable pour ceux qui ne connaissent pas encore le sujet. D’autres argumentations et informations viendront compléter cette présentation.

Définitions :

Spécisme

Larousse : pas d’entrée.

Wikipédia : Discrimination basée sur l’espèce, qui fait de l’espèce en soi un critère moral pour déterminer la manière dont un être doit être traité.
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Abolitionnisme

Larousse : Attitude, doctrine de ceux qui demandent l’abolition d’une loi, d’une coutume, en particulier de l’esclavage et de la peine de mort.

Wikipédia : L’abolitionnisme est un courant de pensée qui émerge dans le dernier tiers du XVIIIe siècle dans le monde occidental et vise la suppression de l’esclavage. Par extension, on utilise le terme pour tous les mouvements qui cherchent la suppression d’une tradition, d’une institution ou d’une loi. On parle par exemple de l’abolition de la peine de mort, de la torture, du travail, des privilèges, des prisons, de la prostitution.
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Abolitionnisme et Spécisme

Anti-spécisme & abolitionnisme :

Il n’existe pas à ce jour de définition officielle de l’anti-spécisme (quelques infos et liens sur Wikipédia), mais vous aurez compris qu’il s’agit de rejetter la notion de spécisme considérée comme une grave discrimination au même titre que le racisme. De plus, considérant l’exploitation animale par les êtres humains comme de l’exclavagisme, l’abolitionnisme vise l’affranchissement de tous les animaux.

La pensée abolitionniste anti-spécisme n’accepte pas que des êtres soient considérés comme des propriétés. Tout comme le combat contre l’esclavagisme à l’époque de la traite des Noirs, cette lutte vise à libérer de la maltraitance et de toute exploitation tous les animaux en leur reconnaissant des droits comparables à ceux déjà admis pour l’espèce humaine.

Le véganisme est un engagnement majeur en faveur de cette philosophie.

Pour mieux comprendre la position abolitionniste, je vous propose de découvrir Les six principes de la position en faveur des droits des animaux énoncés par Gary L. Francione (découvert grâce à VivreVegan) :

  1. La position en faveur des droits des animaux soutient que tous les êtres sensibles, humains ou nonhumains, ont un droit : le droit fondamental de ne pas être traités par d’autres comme leur propriété.
  2. La reconnaissance de ce seul droit fondamental signifie que nous devons abolir, et non pas seulement réglementer, l’exploitation animale institutionnalisée – parce que se contenter de réglementer renforcerait l’idée que les animaux sont la propriété des humains.
  3. Tout comme nous rejetons le racisme, le sexisme, la discrimination en fonction de l’âge et l’homophobie, nous rejetons le spécisme. L’espèce à laquelle appartient un être sensible n’est pas une raison permettant de lui refuser la protection offerte par ce droit fondamental, pas plus que la race, le sexe, l’âge ou l’orientation sexuelle ne sont des raisons d’exclure d’autres humains de la communauté morale.
  4. Nous admettons qu’il n’est pas possible d’obtenir l’abolition immédiate du statut de propriété des nonhumains, mais nous appuierons seulement les campagnes et les actions qui font explicitement la promotion de l’objectif abolitionniste. Nous n’appuierons aucune action qui vise prétendument à « améliorer » la réglementation de l’exploitation animale. Nous rejetons toute campagne faisant la promotion du sexisme, du racisme, de l’homophobie et d’autres formes de discrimination contre l’être humain.
  5. Nous reconnaissons que le pas le plus important que nous pouvons faire dans notre marche vers l’abolition est d’adopter un style de vie végan et d’éduquer les autres à propos du véganisme. Le véganisme est le principe de l’abolition intégré dans la vie personnelle de chacun et la consommation de viande, de poisson ou de produits laitiers, ou encore l’utilisation de quelque produit animal que ce soit est incompatible avec la perspective abolitionniste.
  6. Nous considérons le principe de la non violence comme un principe fondamental du mouvement pour les droits des animaux.

Anti-spécisme & anti-humanisme :

Les personnes évoquant l’anti-spécisme sont souvent taxées d’anti-humanistes, cette critique naïve me parait venir d’une vision particulièrement simpliste des choses.

Pour ma part, il est vrai que je ne reste pas focalisée sur l’humain, pour moi ses besoins ne sont pas plus importants que ceux des autres animaux, de la planète qui les accueille, ou de l’univers qui les entoure, d’autant plus que ces besoins sont souvent abbérants et liés à l’économie ou la culture, notions qu’il a inventé et auxquelles il s’est assujetti.

Pour autant, considérant l’être humain comme je considère tout les autres êtres, je lui reconnais aussi des droits inaliénables et me bats également pour sa liberté. Je pense en fait que si l’on respectait davantage les êtres indépendamment de leur espèce, nous serions plus aptes à nous respecter nous-mêmes.

***

Entre nous :

Etes-vous familier avec les notions résumées dans cet article?

Avez-vous des informations à apporter afin de compléter ou nuancer ces définitions?

Que pensez-vous de l’idéologie qui refuse le spécisme et de l’abolitionnisme?

Profiter de l’été en ville

 12 juillet 2010

Ca y est l’été est bien installé avec son beau temps, ses fruits à profusion et les vacances qui lui sont généralement associées. C’est le moment où les campagnes se remplissent, on y profite de la nature, de la (parfois relative) tranquillité et du soleil.

Côté ville, les rues sont désertées, l’atmosphère est calme, il ne reste plus que ceux… qui restent. Si vous faites parti de cette dernière catégorie, pas de panique, vous apprendrez que l’été est en fait le meilleur moment pour profiter de la ville! L’ambiance y est détendue, on peut enfin s’y décontracter, se balader, on y entend même le chant des oiseaux, enfin, quand on assiste pas à un chouette concert gratuit.

Pas convaincus? Alors je vous suggère de bonnes pistes et idées pour vous donner envie de profiter  pleinement de la belle saison. En cliquant sur les différents liens en fin d’article, vous vous verrez également proposés les bons plans et les activités gratuites d’une dizaine des villes de France les plus peuplées et de quelques grandes villes francophones pour cet été.

Objectif, on (re)découvre sa ville, on se prend pour un touriste, on déambule dans les rues que l’on avait délaissées, on prend des photos, on flâne, on se fait plaisir et on profite des activités en plein air et événements gratuits (ou peu chers) qui fleurissent l’été!

Bons Plans de l'été en ville

Au programme :

- feuilletage de guides : de nombreuses communes et régions éditent de petits magazines spécial été généralement disponibles en ligne, incontournables trésors de bonnes idées, ils reprennent l’agenda de la période estivale et grouillent de bons plans, les cartes et guides touristiques sont parfois bons à prendre également

- promenades : prenez le temps de harpenter les rues en marchant, perdez-vous dans les quartiers que vous connaissez mal ou dans les parcs, les villes proposent souvent des balades à thèmes pour découvrir l’étendue de la variété de leurs richesses

- déplacements à vélo : faites voler vos cheveux au vent sur votre bécanne sans moteur de jour comme de nuit, de nombreuses villes proposent des abonnements abordables qui permettent d’emprunter gratuitement des vélos

- redécouvertes des rues et monuments : un appareil photo ou un carnet à dessin à la main observez attentivement les bâtiments que vous croisez tous les jours, percevez les petits détails qui vous ont jusque-là échappé, laissez-vous impregnez par l’essence de la ville

- espaces verts : savourez de bons piques-nique qui s’éternisent, piquez un somme, observez les arbres, les plantes en écourant le chant des oiseaux, guettez les petits animaux maîtres des lieux, promenez-vous encore et encore et profitez des nombreuses activités au vert proposées

- littérature : déambulations en bibliothèque, lieu calme et feutré par excellence véritable havre de paix dans la chaleur de l’été, de plus, elles proposent souvent des animations et ateliers autour de la lecture et de l’écriture, si vous préférez, bouquinez tranquillement à l’extérieur dans un endroit ombragé

- cinéma : allouez-vous le plaisir de voir de jolis films en plein air, de nombreuses villes proposent des scéances gratuites sous les étoiles, n’oubliez pas de vous couvrir pour pouvoir profiter agréablement de la légère brise pendant la projection nocturne

- animations et concerts : les villes et les associations proposent de nombreuses animations et concerts gratuits tout au long de l’été, c’est l’occasion rêvée de voir de talentueux petits groupes, de découvrir des nouveautés, d’écouter des styles différents, les cafés proposent aussi régulièrement des animations, et des musiciens s’improvisent régulièrement des scènes sur un coin de rue, n’hésitez pas à vous laissez guider par la musique

- activités culturelles et artistiques : selon les villes jouissez de cours et spectacles de danse, d’arts martiaux ou de diverses disciplines, d’ateliers artistiques variés, enrichissez votre culture au fil de l’été au travers d’expositions et pièces pour tous les goûts, profitez également des exhibitions imprévues, jongleries variées, théâtre de rue et autres vous enchanteront

- sport : lorsque la chaleur n’est pas trop étouffante,  principalement le matin ou en début de soirée, profitez des parcs, des installations sportives en plein air et des parcours de santé pour vous défouler vivement

- baignade : nagez en piscine, batiffolez dans différents points d’eau, ou bénéficiez du sable et de la mer lorsque la côte n’est pas loin

- vadrouille sur les marchés : imprégnez-vous de cette ambiance haute en couleur, dévorez des yeux fruits, légumes, préparations culinaires, vêtements, décoration, objets d’occasion et autres, humez l’odeur melée de toutes ces bonnes choses, essayez ou goûtez les produits dès que l’occasion se présente, discutez avec les vendeurs et les badaux et offrez-vous de petites choses si vous en avez très envie

- rencontres : le soleil jouant sur les humeur, les sourires se font plus fréquents, les activités en extérieures étant privilégiées les contacts se font plus facilement, profitez-en pour faire la connaissance de vos voisins, de vos compagnons d’activité, des gens sympatiques croisés dans la rue

- home sweet home : en cas de grosse chaleur fermez les volets ou rideaux chez vous pour ne les rouvrir que le soir pour laisser entrer la fraîcheur par les fenêtres grandes ouvertes, en attendant, votre habitation se transforme en un lieu intime et cotonneux inspirant, préparez-vous de délicieux smoothies, faites une orgie de fruits et légumes crus, prenez soin de vous, accordez -vous une douche fraîche, bullez ou laissez-vous animer par la fantaisie de l’été, prenez le temps de faire toutes ces petites choses qui vous font envie mais que vous remettez à demain depuis des mois, en cette saison les jours tellement sont longs

-

Toutes ces idées de distraction sont complètements gratuites ou s’ouvrent à vous pour seulement quelques sous. Alors qui est partant?

Retrouvez les bons plans ville par ville :

Paris
Marseille
Lyon
Toulouse
Nice
Nantes
Strasbourg
Montpellier
Bordeaux
Lille
Rennes
Bruxelles
Genève
Montréal

***

Entre nous :

Et vous quelles sont VOS bonnes idées pour l’été?

N’hésitez pas à partager vos bons plans en ville comme à la campagne!

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Voici le nombre d'animaux tués dans le monde par les industries de la viande, des oeufs et produits laitiers, depuis que vous avez ouvert cette page.