Véganisme

Le Mythe de la Viande Heureuse & Autres Contes Merveilleux (1/2)

 14 janvier 2013

Les minorités humaines sont souvent malmenées. Heureusement, aujourd’hui nombreux sont ceux qui, se qualifiant d’humanistes sont prêts à défendre les opprimés. Dans nos sociétés, on s’accorde à dire que la voie à suivre est celle de la liberté, de l’égalité et du respect.

On rencontre également souvent des « amis des animaux » prêts à défendre aussi ces derniers des oppressions. Certains se révoltent contre la corrida, la fourrure, la vivisection, la chasse d’espèces animales en voie d’extinction, d’autres contre les maltraitances envers les animaux domestiques, etc.

Mais combien voient un problème à l’exploitation quotidienne que subissent les animaux d’élevage par exemple ? Combien crient que tous les animaux quels qu’ils soient ont le droit à la vie et ne devraient pas souffrir de notre main. Combien s’élèvent pour dire stop à l’esclavagisme des autres espèces terrestres par les humains ? Que deviennent les notions de liberté, d’égalité et de respect si souvent scandées ?

Seuls les « trop sensibles » végétariens rejettent la viande et uniquement les « intégristes extrémistes » vegans refusent de contribuer de quelque manière que ce soit à ce qu’ils décrivent comme une tyrannie. Comment est possible une telle différence de traitement ?

Tout comme la corrida, la chasse et la pêche, la vivisection, la fourrure et le cuir, comme tous les produits animaux, la viande sans souffrance ni exploitation n’existe pas. Elle représente même une des plus grande source de souffrance animale de nos jours. Peu de gens sont prêt à entendre ce fait, pourtant, c’est bien un fait. Alors bien sûr, il existe de nombreuses façons de réagir.

Dans cet article sont énumérées un certain nombre de stratégies que l’on met en place afin de ne pas réfléchir plus profondément aux problèmes de la viande, ou agir pour enrayer ces problèmes. J’ai tenté de révéler à chaque fois en quelques phrases simples la réalité derrière les histoires et contes que l’on se raconte en renvoyant vers des liens et articles en rapport avec les différents sujets. Le but est d’inciter à aller plus loin dans la réflexion, libre à vous de cliquer pour en apprendre plus !

Les réponses proposées n’apportent pas toujours de preuves scientifiques, les classifications ne sont pas calquées sur la psychologie, mais ce qui est partagé ici tient du bon sens. Vous verrez que de nombreuses idées se complètent ou se chevauchent dans cet article en deux parties, n’hésitez donc pas à lire la totalité de cet article en prenant votre temps afin d’avoir une vue globale.

L’évitement ou le contournement :

  • Consommer de la viande « éthique » :

Histoire : Acheter bio, aller chez le petit fermier qui traite bien ses animaux.

En pratique : La notion de bien-être animal n’est à ce jour garantie d’aucune façon par quelque filière que ce soit.

L’agriculture biologique propose dans la majorité des cas des conditions de vie vaguement moins intolérables que l’agriculture « classique ». Toutefois, comme on peut le comprendre dans ce message d’Ecocert (issu d’une correspondance) « La  réglementation relative  à  la  production  biologique prévoit  que  « toute souffrance, y compris la mutilation, est réduite au minimum pendant toute la durée de vie de l’animal, y compris lors de l’abattage » (article 14 1.b) viii) du règlement CE 834/2007). Mais  elle ne  définit  pas  la  notion  de  « souffrance  réduite  au  minimum »(…)« , le bien-être animal reste à la discrétion des éleveurs. Pour finir, le transport et les abattoirs sont bien les mêmes pour tous. Le bien-être que tente de garantir le bio est celui des consommateurs, comme on peut le voir sur ce site de lobbying pour la viande biologique qui ne mentionne absolument pas le bien-être animal dans les raisons de choisir le bio.

Autre solution, les rassurants petits producteurs. La notion de « petit producteur » ne veut absolument rien dire. Alors bien sûr, il existe des producteurs pour qui le bien-être des animaux est primordial. Toutefois, premièrement, nous ne sommes pas derrière le producteur du début à la fin de la « production » pour vérifier ses pratiques. De plus, quand on sait que l’écrasante majorité des élevages en France sont de type intensif, on est en droit de douter… Tous ces gens qui disent acheter chez « le petit producteur » connaissent-il réellement un petit producteur ? Finalement, choyer des bêtes pour ensuite les envoyer se faire tuer, cela a-t-il un sens ? Enverriez-vous votre chien ou chat adoré à l’abattoir pour payer vos factures ?

Pourcentage d'élevage intensif en France

Finalement, dans tous les cas, tous les animaux sont envoyés très jeunes dans les mêmes abattoirs pour y mourir à la chaîne.

  • Ne plus consommer de viande rouge :

Histoire : se rabattre sur la volaille et le poisson.

En pratique : Premièrement, il est bon de rappeler que les volailles et les poissons sont également des animaux et que leur chair est de la viande (pour rappel, le jambon aussi, c’est de la viande).

Ensuite, dans le silence de la mer, les poissons souffrent également. Les volailles sont également des êtres sentients capables d’empathie.

Pour ce qui est des problèmes écologiques, s’il y a une très sensible différence entre la viande rouge et d’autres viandes, cette dernière n’est véritablement marquée qu’avec une alimentation végétale.

Gaz à effet de serre selon l'alimentation pratiquée

  • Se déculpabiliser :

Histoire : donner de l’argent ou du temps à des organisations humanitaires ou des associations de protection animale.

En pratique : Il est très positif d’aider de telles organisations. Toutefois, cela ne nous empêche pas de faire également de bonnes actions tous les jours.

On peut mener plusieurs combats à la fois pour le bien-être de tous et il n’est pas incompatible de penser aux humains et aux autres animaux. Il semblerait même que les végéta*iens montrent plus d’empathie envers les humains que les omnivores. De plus, la violence infligée par la viande peut être arrêtée facilement à notre échelle contrairement à d’autres fléaux, alors pourquoi ne pas abolir ces souffrances en changeant simplement notre mode de consommation.

Bon point pour les actions de tous les jours, alors que les dons d’argent ou de temps peuvent être difficiles pour certains, ne pas manger de viande par exemple est à la portée de tous. En effet, le prix de la viande étant important, la remplacer par des végétaux est toujours meilleur marché. Une bonne action qui fait du bien au porte-monnaie, qui peut dire non ?

Finalement, en ne consommant plus de viande, on fait du bien à toute la planète : écologie, inégalités entre êtres humains, santé, c’est un tout en un !

Le déni ou la dénégation :

  • Minimiser son rôle :

Histoire : « ce n’est pas parce que j’arrête que tout va changer », « je mange extrêmement peu de viande ».

En pratique : Sauver des vies, ce n’est pas rien et c’est possible en ne mangeant pas d’animaux.

S’abstenir de manger de la viande ne serait-ce qu’une fois par semaine équivaut déjà à sauver des millions d’animaux au niveau mondial. Il ne faut pas sous-estimer la portée de nos repas sans souffrance, chaque vie sauvée est précieuse.

Vous mangez déjà peu de viande ? Super, alors vous savez déjà comment préparer de bons petits plats végétaux. Maintenant pourquoi ne pas aller plus loin ? En mangeant progressivement moins d’animaux, vous faites un pas chaque jour vers plus de vies sauvées. Finalement ce n’est qu’en arrêtant complètement la consommation de produits animaux que l’on ne contribue plus à cette exploitation et à ses diverses conséquences.

  • Jeter la pierre à d’autres :

Histoire : « ce sont les éleveurs qui font du mal aux animaux », « la faute à l’industrialisation ».

En pratique : Si l’on ne consomme plus, ce ne sera plus produit.

Rien n’est tout blanc ni tout noir, nous sommes tous impliqués. Les éleveurs se plient aux exigences du marché et les industries étudient les volontés des consommateurs qui achètent majoritairement des aliments carnés bon marché. Si la demande change, la filière devra s’adapter. Nous pouvons donc faire bouger les choses avec notre consommation. Bien sûr, plus nous seront nombreux, plus l’impact sera important.

  • S’en balancer et ne pas y penser, ou se dire qu’on assume :

Histoire : « on a mieux à faire »,  »on doit tous mourir de toute façon », « le monde entier est horrible alors… »

En pratique : Mieux à faire ? T’as « piscine », c’est ça ? Pas de problème, ça marche même à la piscine puisqu’il n’y a rien à faire, il suffit d’éviter la viande.

Que l’on meure tous, c’est un fait. Toutefois, la totalité d’entre nous n’est pas élevé puis tué dans l’enfance pour satisfaire les envies d’autres êtres.

Le monde entier est peut-être horrible, mais voilà justement un moyen de le rendre un peu plus chouette très facilement. Aider à faire un monde moins moche en modifiant simplement sa consommation, ce serait quand même dommage de rater cette opportunité ! De plus, il est vrai qu’il est difficile de penser à la paix mondiale quand exploiter et tuer des êtres sensibles est perçu comme « normal » dans la plupart des sociétés. Et si nous acceptions de faire un premier pas vers la paix grâce au contenu de notre assiette ?

  • Tout rapporter à des choix personnels :

Histoire : « c’est ton choix, je le respecte, respecte donc le mien ».

En pratique : C’est ton choix de manger de la viande et le mien de ne pas en manger, c’est vrai. Mais à quel moment laisse-t-on à l’animal mangé, en d’autres termes la victime, le  choix de vivre et de ne pas souffrir ?

Quand nos choix ont des conséquences, la morale nous incite à voir un peu plus loin que le bout de nos choix, particulièrement quand cela implique des êtres sentients.

  • Nier la capacité des animaux à ressentir et à souffrir :

Histoire : « quelles sont vos sources prouvant que les animaux ont mal ? », « les animaux sont idiots de toute façon. »

En pratique : Ah, nous y voilà, comment savoir que les animaux souffrent. Mais au fait, comment savoir qu’ils ne souffrent pas ?

Il existe de plus en plus d’études travaillant sur l’intelligence et la sentience animale. La question qui nous intéresse n’est pas tant de savoir quel est le niveau d’intelligence d’un animal que sa capacité à ressentir.

Bien sûr, comme pour les bébés humains, on ne peut être sûrs à 100% de ce que tous les animaux expérimentent puisque nous ne savons pas communiquer avec eux. Toutefois, il semblerait bien que les animaux ressentent et puissent donc souffrir. Quand un tel doute subsiste, peut-être est-il plus sage de prendre toutes les précautions possible pour éviter la souffrance.

Plus simplement, qui n’a pas au moins une fois vu du bien-être, de la peur, de la souffrance dans l’expression d’un animal ? Que ce soit un chien chéri qui hurle lorsqu’il est laissé seul, une vache qui panique à l’abattoir, le regard perdu d’un cochon dans le camion de transport, le veau séparé de sa mère qui l’appelle pendant des jours, le cochon d’inde blessé qui ne se donne même plus la peine de manger, la joie de l’animal de compagnie qui joue, etc., nous avons tous expérimenté des interactions avec des animaux en ne mettant pas en cause le fait qu’ils étaient bien là et ressentaient des choses. Alors pourquoi au moment de choisir ce que l’on met dans notre assiette avons-nous subitement besoin de preuves de ce ressenti ?

  • Elucubrer que la souffrance des végétaux est le vrai problème :

Histoire : « avez-vous déjà entendu le cri de la carotte lorsqu’on l’arrache à la terre ? », « la salade mérite votre attention, la pauvre. »

En pratique : Ah le célèbre « cri de la carotte » bien connu des végéta*iens… parlons en.

Tout d’abord il est curieux de voir combien de personnes développent une empathie pour les végétaux dès qu’on parle de protéger les animaux. C’est évidemment une manière de se décharger et une tentative de décrédibilisation des efforts réalisés par les défenseurs des animaux. Mais intéressons-nous tout de même à la question qui n’est au fond pas si bête.

La souffrance telle que nous la concevons suppose un système nerveux qui fait défaut aux plantes. Selon nos connaissances actuelles, les plantes ne pourraient donc pas souffrir. Toutefois, il est envisageable que les végétaux perçoivent les choses d’une manière qui nous dépasse. Notons que la question ne se pose pas pour les fruits (au sens botanique du terme), organes végétaux ayant pour vocation de se détacher de la plante.

Dans l’éventualité où les végétaux ressentiraient quelque chose ressemblant à de la souffrance, quelle serait le meilleur choix ? Il faut savoir que l’on estime que 10 kg de protéines végétales sont nécessaires à la production d’un seul kilo de protéines animale. En vue d’épargner un maximum les plantes, il serait donc bon de les manger directement plutôt que de remplir son assiette de végétaux et de morceaux d’animaux eux-même nourris avec de nombreux végétaux (rappelons que l’immense majorité des animaux que l’on mange sont herbivores).

En conclusion, le meilleur moyen de restreindre aujourd’hui d’éventuelles souffrances végétales est de ne manger que des végétaux. On peut aller plus loin en favorisant les fruits et en choisissant de soutenir les cultures les plus respectueuses pour les végétaux. Ainsi, le potager bichonné par nos soins, ou lorsque ce n’est pas possible, une agriculture non intensive et biologique semblent de bonnes façons de se soucier des plantes.

  • Affabuler :

Histoire : rappeler le « contrat implicite » entre les hommes et les autres animaux.

En pratique : Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu ? (Une marque de chocolat nous a fait le coup du monde bisounours aussi !)

Il existerait un contrat liant liant les humains et les animaux d’élevage. Tout d’abord quand on sait que les animaux sont pour l’instant généralement traités comme des biens meubles par la plupart des législations, ça fait légèrement sourire. Les droits et devoirs reconnus aux animaux, c’est bien quand ça arrange les humains ! La nécessité de la reconnaissance des droits des animaux est ici bien mise en valeur. D’autre part, pour le consentement libre et éclairé d’un contrat sans vice, on repassera.

Mais alors il y a quoi dans ce contrat tacite imaginaire ? L’humain protégerait les « animaux d’élevage » d’éventuels prédateurs et en échange ces derniers lui offriraient sobrement : leur vie, leur chair, leur liberté… En y réfléchissant, l’humain ne ferait que troquer les divers prédateurs potentiels contre un seul grand prédateur, lui-même. En échange, il s’octroie simplement la toute puissance de décider des conditions de vie et de mort de ces animaux d’élevage. C’est équitable !

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Le Mythe de la Viande Heureuse & Autres Contes Merveilleux (2/2)

 

Lire la première partie

Dans cet article en deux parties sont énumérées un certain nombre de stratégies que l’on met en place afin de ne pas réfléchir plus profondément aux problèmes de la viande, ou agir pour enrayer ces problèmes. J’ai tenté de révéler à chaque fois en quelques phrases simples la réalité derrière les histoires et contes que l’on se raconte en renvoyant vers des liens et articles en rapport avec les différents sujets. Le but est d’inciter à aller plus loin dans la réflexion, libre à vous de cliquer pour en apprendre plus !

Vous verrez que de nombreuses idées se complètent ou se chevauchent dans cet article, n’hésitez donc pas à lire la totalité de cet article en prenant votre temps, afin d’avoir une vue globale.

L’ignorance ou la peur :

  • Imaginer que manger de la viande est indispensable :

Stratégie : « et où je trouverai mes protéines sinon ? », « je vais être carencé ».

En pratique : Les idées reçues sur la santé ont la vie dure !

L’Association américaine de diététique (AAD) statue que « les alimentations végétariennes (y compris végétaliennes) bien conçues sont bonnes pour la santé, adéquates sur le plan nutritionnel et peuvent être bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies. Les alimentations végétariennes bien conçues sont appropriées à tous les âges de la vie, y compris pendant la grossesse, l’allaitement, la petite enfance, l’enfance et l’adolescence, ainsi que pour les sportifs. » Le rapport de cette association indépendante disponible en français « passe en revue les données actuelles concernant les nutriments importants pour les végétariens, notamment les protéines, les acides gras oméga-3, le fer, le zinc, l’iode, le calcium et les vitamines D et B12. » Ce document est à lire attentivement par tous pour plus d’information indispensables sur la santé.

La peur du manque de protéines n’est pas fondée. L’Association Végétarienne de France (AVF) fournit une fiche explicative sur le sujet et le blog Végébon apporte des informations complémentaires.

Bien sûr, comme dans tout régime alimentaire, certains éléments sont à surveiller. Il est important de s’informer : sur le site de l’AVF, sur le blog Végébon ou en lisant attentivement le rapport de l’AAD. Il est également possible de prendre contact avec des membres de l’Association de Professionnels de Santé pour une Alimentation Responsable (APSARES).

En conclusion, inutile de tergiverser, la viande n’est pas indispensable, on peut très bien se passer de produits animaux.

  • Se laisser submerger par les impossibilités supposées de nos proches :

Histoire : « j’aimerai bien y penser, mais j’ai des enfants, je ne peux pas leur imposer », « ça n’intéresse pas mon conjoint ».

En pratique : Imposer un régime alimentaire à ses enfants, on ne peut pas y couper, les parents décident généralement de ce que mangent leurs enfants.

Si l’on pense que diminuer sa consommation de produits animaux est le mieux pour soi, il est tout à fait compréhensible que l’on conçoive que ce soit également mieux pour ses enfants. Et puisque les régimes végétariens sont adaptés à tout âge de la vie (à lire dans le rapport de l’AAD par exemple), un enfant peut bien être végétarien ou végétalien sans problème.

De plus, tout comme certains trouvent important d’enseigner la tolérance à leur progéniture, donner la meilleure éducation possible passe par la transmission des convictions et choix éthiques des parents. Une fois adultes, les enfants peuvent faire leurs propres choix en accord ou non avec l’éducation parentale.

Pour ce qui est des adultes, ils ne doivent pas nous empêcher de faire nos propres choix. Et puis, ce n’est pas parce que des opinions sont minoritaires qu’elles sont moins valables.

  • Croire que refuser les produits animaux est réservé à des privilégiés :

Histoire : « c’est un truc de riches et snobs », « je n’ai pas les moyens », « je n’ai pas le temps ».

En pratique : Refuser l’exploitation animale est réservé à qui veut.

L’argent, ah parlons-en de l’argent. Tout d’abord, soyons honnêtes, ce qui coûte le plus cher dans la plupart des repas « classiques », c’est… la viande. On peut tourner la chose dans tous les sens, ne pas manger de viande est moins onéreux. Les légumineuses, les céréales et les légumes de saison ne coûtent pas grand chose et permettent de réaliser de délicieux mets très variés.

L'alimentation végétalienne diversifiée et colorée

Bien sûr, certains produits tous prêts « pour végétariens » sont chers, mais tout autant que leurs équivalents industriels carnés. Puis, il est toujours possible d’opter pour des versions fait-maison à petit prix. Alors bien sûr, peut survenir le problème du temps passé à cuisiner. Sans passer des heures en cuisine, avec un peu d’organisation, l’utilisation des restes et quelques recettes express, comme pour tout type de cuisine, il est très facile de se régaler rapidement.

Mais puisque nous parlions d’argent, revenons-y une dernière fois. Je vous invite à découvrir le coût réel des produits animaux ainsi que ses répercutions sur… nos impôts par exemple.

  • Se réfugier derrière la loi :

Histoire : « rien n’interdit de manger de la viande », « il faudrait changer les lois ».

En pratique : Je suis bien d’accord, les lois ne sont pas adaptées, les droits des animaux sont manquants. Ce n’est toutefois pas une excuse pour ne pas respecter le droit à la vie de chacun.

Il est malheureux que de nombreux citoyens attendent qu’on leur dicte de se respecter les uns les autres, mais c’est une réalité historique. Un petit tour sur le site de l’ONU nous éclaire sur les batailles toujours d’actualité pour faire valoir les droits des femmes, des enfants, des handicapés, des minorités, etc. Pourquoi attendre qu’on nous oblige à respecter la vie de tous les êtres, ne sommes-nous pas des individus capables de raisonnement propre, responsables et tolérants ?

  • Parler d’extrémisme et rappeler que la modération est bonne en toutes choses :

Histoire : « les vegans sont sectaires », « extrémiste », « je modère ma consommation mais je n’en fais pas une religion ».

En pratique : La modération peut être une bonne chose, mais louer la « déesse de la sainte modération » n’est pas très modéré…

La définition du terme sectaire est souvent associé à de l’intolérance, or quoi de plus tolérant que le respect de chaque être. Quant à l’extrémisme si souvent brandi, à part être extrêmement tolérant, je ne vois pas ce que cette « accusation » concerne.

Pour ce qui est de la modération, de la « non religion », soyons clair, refuser d’encourager l’exploitation animale n’est pas plus une religion que ne pas tolérer le racisme ou les violences conjugales. Pensez-vous à donner un bon coup de poing à votre conjoint ou vos enfants une fois ou deux dans l’année ? Et bien vous devriez, sinon, vous êtes un extrémiste… Trêve de plaisanterie, exploiter ou tuer un animal de temps en temps afin de rester modéré n’a aucun sens si l’on défend les droits des animaux à ne pas être traités comme des objets. Ce n’est pas de l’extrémisme, c’est de la tolérance mêlée à de la cohérence.

  • Se dérober avec des moqueries et attaques personnelles :

Histoire : « je ne tiens pas à devenir un hippie », « je ne veux pas te ressembler, t’es pas sympa / beau / cool / etc. »

En pratique : Il ne s’agit pas d’imiter un végétarien ou de ressembler à un autre mais d’épargner des vies.

Des gens de toute sorte ont défendu les animaux de tout temps. Des personnalités très différentes les uns des autres sont végéta*iennes.

  • Colporter des légendes urbaines :

Histoire : « J’ai connu un végétarien tout pâle », « les végétariens n’ont pas de force ».

En pratique : Un régime végéta*ien bien mené ne pose pas de problème de santé (re-lire le rapport de l’AAD).

Tout régime alimentaire mal mené, trop peu diversifié peut mener à des problèmes de santé parfois visibles, souvent invisibles. Mais contrairement aux idées reçues, un régime végéta*ien équilibré semble être un atout pour les sportifs.

Des athlètes ont opté pour l’alimentation végétale, tout comme Patrik Baboumian dont la force n’est pas à remettre en question puisqu’il détient le titre de « l’homme le plus fort d’Allemagne » . Croire que les végétariens sont faiblards, c’est dépassé !

Le fatalisme ou le cynisme :

  • Se réfugier derrière l’habitude :

Histoire : rappeler les traditions, « j’ai toujours mangé comme ça », « l’Homme est carnivore », « j’aime trop la viande ».

En pratique : Les traditions ne sont pas éternelles, elles évoluent, de même, les habitudes changent et se changent.

L’humain n’a jamais été carnivore. Par contre, il peut manger « de tout », c’est vrai, mais il a aussi la capacité de décider de ce qu’il mange. Pour ce qui est des traditions, les humains n’ont pas toujours mangé de foie gras, de boeuf aux hormones, etc. Il est clair que les traditions se créent et puis certaines disparaissent.

Nous avons vu qu’il n’est pas nécessaire de manger des produits animaux pour la santé, alors pourquoi ne pas changer les habitudes ? Pour ceux qui « aiment trop la viande », je rétorquerai qu’ils n’ont pas idée de la multitude de produits végétaux dont ils pourraient se délecter.

  • La supériorité des humains :

Histoire : « nous sommes au top de la chaîne alimentaire », « les animaux sont inférieurs aux hommes ».

En pratique : Le concept même de chaîne alimentaire a été inventé par les humains qui sont eux-mêmes des animaux (selon leur propre classification d’ailleurs).

La chaîne alimentaire expliquée

Nous mettons tous « les animaux » avec leur immense diversité dans le même sac et l’Homme bien à part. Pourtant une souris ou un éléphant ne sont pas plus éloignés du léopard ou du phoque que de l’humain. La réalité, serait bien que l’homme est un animal, ni plus ni moins.

Pourquoi imaginer un rapport hiérarchique entre les différentes espèces ? Qu’est-ce qui rend une espèce inférieure ou supérieure ? Ces questions peuvent rester sans réponse, mais je vous laisserai avec cette petite phrase qui dit que la nature offre de la diversité et que l’humain en fait des inégalités…

  • La loi de la jungle :

Histoire : « le lion mange la gazelle ».

En pratique : E‰videmment, si le lion mange la gazelle, alors l’humain doit manger veaux, vaches, cochons, cqfd. Ahhh les joies de la logique !

Premier point, le lion est un animal carnivore, l’humain n’est pas carnivore. Avez vous déjà croqué la cuisse d’une vache encore vivante ?

L'humain est-il carnivore ?

Mais surtout, le lion n’aurait pas conscience du mal qu’il inflige à la gazelle et à son troupeau. L’Homme quant à lui est conscient de la portée de ses actes, il est donc capable de faire des choix moraux, de prendre des décisions éclairées. Nous connaissons la souffrance des animaux, nous savons que manger de la viande a de multiples conséquences négatives, nous pouvons choisir de ne pas en consommer.

  • E‰gocentrisme :

Histoire : « je m’en sort mal, pourquoi les animaux devraient avoir une belle vie ? », « les animaux sont mieux traités que les hommes ».

En pratique : Si vous avez l’impression d’être exploité ou maltraité, alors vous devriez être d’autant plus solidaire avec les autres animaux.

Il est fort possible que certains animaux soient mieux traités que certains humains, mais dans leur immense majorité, les animaux ne sont pas mieux traités que les humains, non, vraiment pas. Et puis d’abord, pourquoi se traîner vers le bas ? Pourquoi ne pas plutôt porter vers le haut tous les êtres maltraités du monde ? Pourquoi ne pas se respecter davantage les uns les autres et s’apporter le meilleur possible ? Soyons solidaires, soutenons-nous et aidons tous les êtres qui souffrent ! Qu’en pensez-vous ?

Autres :

Histoire : imaginez toutes vos plus belles excuses et justifications ici !

En pratique : et c’est bingo !

L’acceptation

Nous l’avons vu, les animaux souffrent de manière complètement inutile, c’est un fait que nous ne pouvons plus nier. Et si c’était un fait que nous devions et pouvions changer ?

Pour cela, il suffit d’accepter la seule solution possible : arrêter de consommer des produits animaux.

Il ne s’agit pas tant de s’arrêter de manger de la viande, il s’agit d’arrêter le massacre et de soutenir les animaux. En plus, on n’est même pas obligé d’aimer les animaux pour les respecter et leur accorder un droit à la vie. Il suffit d’être doté de tolérance et de compassion, des qualités qui tiennent à coeur à tous les humanistes.

Pour conclure, nous sommes libres de déterminer nos choix. Mais si nous ne voulons pas qu’ils nous soient imposés par d’autres, par l’industrie agro-alimentaire, par la force des publicités ou par les gouvernements, une seule solution : nous renseigner au maximum afin de connaître les tenants et aboutissants de nos actes, de connaître différentes alternatives pour finalement être capable de faire des choix éclairés en toute conscience.

D’autres idées et argumentations pour y réfléchir ici : manuel de débat, foire aux questions, ton argument a des dommages collatéraux, abolir la viande.

PS : Hep, il n’y a pas que la viande !

Tous les produits animaux sont source d’exploitation et causent des souffrances et privations de libertés fondamentales. Toutes les pratiques rendant les animaux esclaves et victimes sont à bannir. Il est temps d’ouvrir les yeux sur ces méfaits et s’élever contre ces injustices.

Pour se renseigner sur le mal causé par nos soins aux animaux dans les différents domaines de notre vie quotidienne, je conseille un film : Earthlings.

Pour en savoir encore plus et comprendre comment devenir vegan, n’hésitez pas à faire vos propres recherches ou à consulter tous les liens présents dans cet article, ainsi que la très garnie page de Liens et le Guide Ethique proposés sur mon site.

Végétarisme, Veganisme : Partager ses Convictions

 31 juillet 2012

Certaines personnes vous le diront, les végétariens sont souvent barbants, ils ennuient tout le monde en faisant de l’activisme et du prosélytisme à tout va. Pour ce qui est des vegans, n’en parlons même pas, ce sont carrément des extrémistes tout droit sortis d’une secte. Même qu’il arrive qu’ils soient agressifs, de vrais terroristes !

Les faits

En effet, certains végéta*iens pourraient à l’occasion :

  • vous adresser des yeux noirs ou vous sermonner si vous mangez de la viande devant eux ;

  • critiquer l’achat de votre nouvelle jupe en cuir ou de votre belle  écharpe en fourrure ;

  • vous bassiner pour que vous utilisiez des cosmétiques non-testés sur les animaux ;
  • vous envoyer des vidéos atroces prises dans des abattoirs ou des élevages intensifs ;

  • vous dissuader d’acheter un chien dans un élevage / magasin ;

  • vous affirmer que cirques et zoos ne sont pas des paradis pour animaux ;

  • finalement remettre en cause absolument toute exploitation animale…

Vous aurez compris pourquoi ces végéta*iens là sont à éviter : ils sont gênant à force de ratiociner, ils en deviennent même avouons-le assez chiants ! Pour autant, on ne peut pas vraiment se contenter d’en faire un joli tas et les brûler sur le bûcher…

Alors la question ici est : mais pourquoi est-ce que certains végét*iens se comportent ainsi ?

Se comprendre

La première chose importante à souligner me venant à l’esprit est que les végéta*iens ne représentent pas un « amas » homogène de personnes endoctrinées à la pensée tout à fait similaire, ce sont en fait des personnes bien distinctes et différentes. De plus, comme tout le monde, ils ont chacun leur caractère propre, leur vécu, et bien sûr leurs hauts et leurs bas. Certains militent activement, d’autres préfèrent en parler peu. Comme tout un chacun, ils peuvent être parfois légers et diplomates et à d’autres occasions énervés et brusques.

Quand il y a dérapage, ce qui reste rare, les végéta*iens sont très vite taxés d’extrémistes insupportables, voire dans certains cas de terroristes. J’ai l’impression que ce genre de raccourci naît directement d’incompréhensions, de méconnaissance qui pourraient s’estomper avec beaucoup de communication.

Et si on essayait de se comprendre au lieu de s’abhorrer ?

Je ne vous cache pas que de nombreux de végéta*iens passent du temps à tenter de comprendre ceux qui se refusent à penser aux bien-être des autres animaux. En réalité, ils n’ont pas vraiment le choix puisque ces personnes représentent la majorité de la population humaine d’aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, j’ai l’impression que le contraire n’est que rarement vrai. Je propose donc de réparer ce manquement.

Mon point de vue

Pour tenter de soumettre un embryon d’éclaircissement, je propose de commencer par mon ressenti personnel qui par définition n’engage que moi, mais qui peut éventuellement ouvrir des fenêtres vers une compréhension plus générale du sujet. Je n’ai pas la prétention à travers cet article de représenter la diversité de végéta*iens dans son ensemble, simplement de tenter d’apporter un peu de lumière sur certains comportements qui leur sont fréquemment associés.

Je rêve d’un monde meilleur. Ce monde pour moi ne peut se faire que sans spécisme (fait de discriminer les êtres selon leur espèce) afin que tous les êtres puissent avoir une chance de vivre en paix (les humains y compris évidemment). Ce monde, je n’ai pas juste envie de passer ma vie à le rêver, je voudrais le construire, le rendre bien réel. Pour cela, j’ai décidé de devenir végétarienne, puis végétalienne en élargissant le champ jusqu’au veganisme qui va au delà de l’alimentation (pour en savoir plus sur ces différents termes, c’est ici). Le veganisme abolitionniste consiste à refuser toute exploitation animale, arguant que tout être sentient a le droit de vivre peu importe l’espèce dont il fait partie. Le veganisme n’est en aucun cas une dépréciation de la vie humaine, c’est au contraire une appréciation de chaque vie pour ce qu’elle est : très importante pour celui qui la vit, indépendamment de ce qu’elle représente aux yeux des autres.

Pour la petite histoire, lorsque j’étais « seulement » végétarienne, je n’étais pas « chiante ». Je trouvais horrible de faire souffrir des animaux sans raison mais je m’étais convaincue, comme beaucoup, que le végétarisme était un choix personnel et que je ne devais pas ennuyer les autres avec cela. C’était plus facile ainsi. Je considérait « faire ma part » en ne mangeant pas les animaux et je ne me renseignais pas outre mesure sur leurs conditions de vie et de mort.

En devenant vegan, j’ai compris que ne pas tuer les animaux pour moi-même ne suffirait pas à enrayer la souffrance animale. C’est également à ce moment là que j’ai réalisé que la majorité des personnes qui m’entouraient n’avait finalement jamais compris que mon végétarisme était bien plus qu’une préférence alimentaire puisque j’en parlais peu… quel dommage.

En voulant respecter les opinions de chacun, je n’avais pas respecté les animaux dont je taisais les souffrances. Je me suis rendu compte qu’être vegan n’est pas une simple question de conviction ou de choix strictement personnel puisque cela ne concerne pas moi mais les milliers de vies qui sont en jeu. Le respect des opinions n’a pour moi aucun sens lorsque ce sont des massacres à l’échelle planétaire qui sont défendus.

J’ai alors compris que je ne pouvais plus me contenter de m’abstenir de tuer des animaux pour manger, ou pour toute autre besoin de ma vie quotidienne. Je ne pourrais jamais construire seule dans mon coin un monde plus beau où les souffrances inutiles seraient épargnées, c’est une tâche qui ne peut se faire qu’avec l’aide du reste du monde. Et comment obtenir le soutien du reste du monde sinon en l’informant des malheurs que l’on veut éviter et en lui demandant son aide précieuse ?

C’est comme cela que j’ai commencé à parler plus souvent de mes choix, à les expliquer à qui voulait bien l’entendre, à les partager sur internet. J’ai arrêté de taire les souffrances dont j’étais témoin ou que l’on me signalait, je les ai au contraire propagées afin de les faire connaître. Je voulais que d’autres comprennent comme je l’avais fait un jour qu’en faisant de petits changements dans notre vie, en faisant tous un pas vers plus de respect, nous pourrions opérer pour le bien du plus grand nombre d’êtres.

Voilà pourquoi je parle aujourd’hui ouvertement de veganisme, en espérant faire réfléchir voire inspirer d’autres gens. Mon but n’est pas d’embêter tout le monde, mais au contraire de partager un élan positif. Mon seul dessein est qu’un jour les souffrances inutiles cessent. Je ne fais cela contre personne je le fais POUR tous.

Veganism : it's not about us, it's about other animals. Be vegan.

Source : http://veganismisnonviolence.com/     Traduction :
Le veganisme : ce n’est pas à propos de nous, c’est à propos des autres animaux. Soyez vegan.

Décryptage

Nous avons vu tout à l’heure ce que les végéta*iens peuvent faire vivre aux autres, voilà à présent ce qu’eux peuvent ressentir :

  • Vous mangez de la viande devant eux : ils connaissent les étapes de l’exploitation des animaux à viande, leur utilisation comme des objets de production, ils visualisent les abattoirs, des animaux hagards ou affolés luttant pour la vie, c’est insoutenable.

  • Vous achetez fièrement une jupe en cuir ou une écharpe en fourrure : ils savent que les industries du cuir et de la fourrure sont aussi lucratives que cruelles, et que les peaux ne sont pas vraiment comme beaucoup le croient des « déchets » d’abattoirs.

  • Vous aimez vos cosmétiques préférés et ne les changeriez pour rien au monde : ils savent que la plupart des produits de consommation sont testés sur les animaux et qu’en plus d’imposer d’immenses souffrances, ces tests ne sont pas des plus efficaces.
  • Vous dites penser ne pas faire de mal en vivant comme tout le monde : ils espèrent vous informer en vous envoyant des vidéos ou des articles mentionnant la souffrance et l’exploitation ainsi que des sites mentionnant comment les éviter. Ils essaient de vous faire comprendre que sans le réaliser, vous nuisez à d’autres êtres. S’ils vous proposent des images choquantes, ce n’est que parce que la réalité l’est.

  • Vous voulez acheter un chien dans un élevage/magasin : ils savent que cela suppose de considérer les animaux comme des biens de consommation. Cela fait entrer dans un cercle vicieux d’exploitation et de maltraitance. Ils savent en outre qu’avec ce système, de nombreux chiens sont élevés dans des conditions intolérables, et que d’un autre côté, des milliers d’animaux abandonnés meurent dans les refuges bondés portés à bout de bras par des bénévoles.

  • Vous êtes content d’amener vos enfants aux zoo ou au cirque (avec animaux) : ils savent que les animaux ne sont pas des clowns, que ces lieux ne sont pas les havres de paix pour animaux que vous imaginez, que la biodiversité n’a pas besoin de ces endroits, ils les déconseillent vivement.

  • Les thèses qu’ils avancent vont parfois plus loin que votre pensée n’a osé vagabonder simplement parce que celles-ci sont issues de longues réflexions soutenues par des connaissances poussées sur des sujets qu’ils trouvent importants. Vous n’avez peut-être pas ces connaissances, non pas parce que vous êtes ignare ou inférieur, mais parce que vous n’avez peut-être pas encore songé à vous renseigner de manière approfondie sur tel ou tel point. De leur côté, ils auront pris le temps de regarder ces faits trop souvent ignorés et de raisonner autour de toutes les conséquences qui peuvent en découler. Au fil de ces recherches et réflexions poussées, ils peuvent en venir à considérer que toute exploitation doit s’arrêter.

Bien sûr, tout les végéta*iens ne savent pas tout de la « question animale » et surtout pas du jour au lendemain, qui le pourrait d’ailleurs ? Certains même ne savent pas grand chose, ils se laissent simplement guider par leur empathie et cela les pousse à respecter d’autres êtres (même si sans le savoir on continue quelques fois de blesser ceux que l’on voudrait défendre en étant mal informé). D’autres encore n’ont pas envie d’en parler tout le temps. Ils leur arrive d’être brimés parce qu’ils n’ont pas réponse à toutes les questions des omnivores, pourtant, ils ont pour sûr grand coeur et cela devrait appeler à plus de référence.

L’horreur quotidienne

La vie quotidienne d’un végéta*ien dans nos sociétés peut être vécu comme un enfer. Le spécisme qui consiste à apprécier les êtres selon leur espèce est la norme, l’exploitation des animaux y est imposée. Les hommes, considérant les autres animaux comme inférieurs, se permettent d’infliger à ces derniers des actes abominables selon leur bon vouloir. Cette manière de faire n’est pas nouvelle dans l’histoire de l’humanité. Dénigrant tour à tour les hommes aux couleurs de peaux ou sexualités différentes, les enfants, les femmes, etc., nos sociétés ont pu excuser pendant des siècles des attitudes nauséabondes plus tard condamnées (note : hier répandu, « normal » et même défendu, le racisme n’est plus respecté aujourd’hui même s’il existe encore largement, on le condamne). Reconnaître moins de droits, d’intelligence ou encore d’émotions à certains êtres autorise l’exploitation et la maltraitance sans mauvaise conscience.

Ainsi, en tant que végéta*iens ayant conscience de ce fait, marcher dans la rue et devoir affronter les vitrines de l’exploitation de la souffrance que sont les magasins d’alimentations contenant des produits carnés ou les boutiques de vêtements à base de produits animaux, devoir encaisser la banalisation des méfaits envers les animaux est une souffrance de tous les jours. Penser à tous les êtres qu’il reste à sauver et à tous ceux qui ne le seront pas peut aussi littéralement rendre fou. Et quand ces tiraillements sont surmontés de railleries, d’interrogatoires à répétition et à l’occasion d’attaques, cela devient pour certains invivable. Mais ceci n’est aucunement une plainte, car cette souffrance n’est rien face à celle que subissent des millions d’animaux chaque jour… et c’est bien le plus difficile à avaler et à faire comprendre.

And yet you say beeing vegan is "extreme"

Source : http://veganismisnonviolence.com/ Traduction :
Et pourtant vous dites qu’être vegan est « extrême »
(Notez que le veganisme n’est pas un régime alimentaire)

Les dérapages possibles

Pour des individus ayant pleine connaissance des souffrances infligées aux animaux pour le seul confort des humains et qui savent comment les éviter facilement, l’arrêt de l’exploitation animale est une évidence puisqu’elle paraît possible et salvatrice. L’ampleur des souffrances lorsqu’on en prend connaissance devient rapidement intolérable. Pour de tels individus -dont je fais partie- il est admis que si nous avions tous conscience des souffrances que l’on crée, nous pourrions avoir la motivation de faire les efforts permettant de construire un monde plus tolérant et pacifique.

Alors il est vrai que parfois, lorsque l’on parle de tels sujets il peut y avoir des accrochages. On touche à des choses profondes qui tiennent à cœur à beaucoup d’individus. Dans ces cas là il peut arriver que des gens s’énervent, s’emportent, parfois même s’insultent. Il peut arriver d’extrapoler trop largement, de supposer que l’autre sait déjà ce qu’il ignore, de faire culpabiliser son interlocuteur par trop de fermeté.

Ne nous sommes nous pas tous un jour emballés, portés par nos émotions et avons malheureusement fait preuve d’agressivité ou de maladresse avec une ou plusieurs personnes ? Ce genre de discussion peut prendre littéralement aux tripes et se terminer en dispute. C’est vraiment navrant et contre-productif, mais ça peut arriver…

Je ne défends en aucun cas les actes violents et l’emportement, je n’essaie pas d’excuser cela, je tente seulement d’expliquer ce qui peut parfois mener jusque là. Je veux souligner que tout le monde passe par des moments d’égarement à l’occasion. Toutefois, les végéta*iens jugés extrêmes n’ont pas droit à l’erreur, où on les montre violemment du doigt au moindre faux pas. Cela ne doit pas nous amener à généraliser et à faire de tous les végéta*iens les grands méchants loups ou au contraire des anges. Ce sont juste des personnes avec leurs qualités et leurs défauts dont l’aspiration est d’aller vers du mieux pour tous.

Vouloir convaincre

Finalement, qui n’a pas voulu un jour dans sa vie « enrôler », persuader, ou ne serait-ce qu’informer quelqu’un d’autre. Je ne sais pas si c’est bien ou mal, mais nous l’avons pourtant tous fait. Que ce soit pour du sport ou des disciplines de bien-être (« tu devrais te mettre à la natation/au foot/au yoga, » etc.), des sujets écologiques (on nous urge de consommer bio, trier nos déchets, faire attention à notre consommation d’énergie, etc.), une manière de vivre (« l’achat d’une maison est la meilleure chose à faire », « la décroissance t’apportera beaucoup », « les enfants sont la plus belle chose au monde », etc.)… Quand nous pensons que quelque chose est positif, nous avons souvent l’envie de la partager.

Dans le cas qui nous intéresse ici, même quand les végéta*iens se contentent de répondre au bombardement de questions et de réflexions parfois sincèrement curieuses, parfois gratuitement provocatrices auxquelles ils sont régulièrement confrontés (« comment fais-tu avec les protéines ? », « la salade souffre aussi, non ? », « mais le cuir ne fait de mal à personne », « l’homme est carnivore, il doit manger de la viande », et la liste est longue), ils  peuvent être montrés du doigt pour tentative de « conversion sauvage ». Pourtant, le végéta*isme n’est pas une secte et répondre à des questions posée n’est que logique et pas enrolement.

Quand aux plus influents prosélytes actuels, les grandes entreprises et leurs lobbyistes qui tentent de nous séduire à coup de publicités ultra coûteuses aux messages parfois pseudo scientifiques ou idéologiques (un exemple parmi tant d’autres ? un exemple de « contre-attaque » des lobbyistes de la viande contre les « méchants anti-viande » ?), ils me paraissent bien plus dangereux puisque leur but n’est pas d’apporter du mieux mais de créer du profit. Je ne pense pas qu’il faille donc jeter la pierre aux végéta*iens qui ne cherchent qu’à sauver des vies.

Pour terminer, si vous trouvez que les végéta*iens sont extrêmes, irrespectueux, chiants, rabat-joie ou plus sobrement ennuyeux ou inintéressants, demandez-vous quels qualificatifs peuvent définir la façon dont les humains traitent les autres animaux…

***

Entre nous :

A vous : quel est votre point de vue, votre vécu ?

Des idées pour communiquer sans heurts sur ces sujets délicats ?

Spécisme, qu’est ce que ça veut dire ???

 30 août 2010

Je vous propose de vous familiariser avec des concept liés au spécisme, une première approche consise mais indispensable pour ceux qui ne connaissent pas encore le sujet. D’autres argumentations et informations viendront compléter cette présentation.

Définitions :

Spécisme

Larousse : pas d’entrée.

Wikipédia : Discrimination basée sur l’espèce, qui fait de l’espèce en soi un critère moral pour déterminer la manière dont un être doit être traité.
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Abolitionnisme

Larousse : Attitude, doctrine de ceux qui demandent l’abolition d’une loi, d’une coutume, en particulier de l’esclavage et de la peine de mort.

Wikipédia : L’abolitionnisme est un courant de pensée qui émerge dans le dernier tiers du XVIIIe siècle dans le monde occidental et vise la suppression de l’esclavage. Par extension, on utilise le terme pour tous les mouvements qui cherchent la suppression d’une tradition, d’une institution ou d’une loi. On parle par exemple de l’abolition de la peine de mort, de la torture, du travail, des privilèges, des prisons, de la prostitution.
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Abolitionnisme et Spécisme

Anti-spécisme & abolitionnisme :

Il n’existe pas à ce jour de définition officielle de l’anti-spécisme (quelques infos et liens sur Wikipédia), mais vous aurez compris qu’il s’agit de rejetter la notion de spécisme considérée comme une grave discrimination au même titre que le racisme. De plus, considérant l’exploitation animale par les êtres humains comme de l’exclavagisme, l’abolitionnisme vise l’affranchissement de tous les animaux.

La pensée abolitionniste anti-spécisme n’accepte pas que des êtres soient considérés comme des propriétés. Tout comme le combat contre l’esclavagisme à l’époque de la traite des Noirs, cette lutte vise à libérer de la maltraitance et de toute exploitation tous les animaux en leur reconnaissant des droits comparables à ceux déjà admis pour l’espèce humaine.

Le véganisme est un engagnement majeur en faveur de cette philosophie.

Pour mieux comprendre la position abolitionniste, je vous propose de découvrir Les six principes de la position en faveur des droits des animaux énoncés par Gary L. Francione (découvert grâce à VivreVegan) :

  1. La position en faveur des droits des animaux soutient que tous les êtres sensibles, humains ou nonhumains, ont un droit : le droit fondamental de ne pas être traités par d’autres comme leur propriété.
  2. La reconnaissance de ce seul droit fondamental signifie que nous devons abolir, et non pas seulement réglementer, l’exploitation animale institutionnalisée – parce que se contenter de réglementer renforcerait l’idée que les animaux sont la propriété des humains.
  3. Tout comme nous rejetons le racisme, le sexisme, la discrimination en fonction de l’âge et l’homophobie, nous rejetons le spécisme. L’espèce à laquelle appartient un être sensible n’est pas une raison permettant de lui refuser la protection offerte par ce droit fondamental, pas plus que la race, le sexe, l’âge ou l’orientation sexuelle ne sont des raisons d’exclure d’autres humains de la communauté morale.
  4. Nous admettons qu’il n’est pas possible d’obtenir l’abolition immédiate du statut de propriété des nonhumains, mais nous appuierons seulement les campagnes et les actions qui font explicitement la promotion de l’objectif abolitionniste. Nous n’appuierons aucune action qui vise prétendument à « améliorer » la réglementation de l’exploitation animale. Nous rejetons toute campagne faisant la promotion du sexisme, du racisme, de l’homophobie et d’autres formes de discrimination contre l’être humain.
  5. Nous reconnaissons que le pas le plus important que nous pouvons faire dans notre marche vers l’abolition est d’adopter un style de vie végan et d’éduquer les autres à propos du véganisme. Le véganisme est le principe de l’abolition intégré dans la vie personnelle de chacun et la consommation de viande, de poisson ou de produits laitiers, ou encore l’utilisation de quelque produit animal que ce soit est incompatible avec la perspective abolitionniste.
  6. Nous considérons le principe de la non violence comme un principe fondamental du mouvement pour les droits des animaux.

Anti-spécisme & anti-humanisme :

Les personnes évoquant l’anti-spécisme sont souvent taxées d’anti-humanistes, cette critique naïve me parait venir d’une vision particulièrement simpliste des choses.

Pour ma part, il est vrai que je ne reste pas focalisée sur l’humain, pour moi ses besoins ne sont pas plus importants que ceux des autres animaux, de la planète qui les accueille, ou de l’univers qui les entoure, d’autant plus que ces besoins sont souvent abbérants et liés à l’économie ou la culture, notions qu’il a inventé et auxquelles il s’est assujetti.

Pour autant, considérant l’être humain comme je considère tout les autres êtres, je lui reconnais aussi des droits inaliénables et me bats également pour sa liberté. Je pense en fait que si l’on respectait davantage les êtres indépendamment de leur espèce, nous serions plus aptes à nous respecter nous-mêmes.

***

Entre nous :

Etes-vous familier avec les notions résumées dans cet article?

Avez-vous des informations à apporter afin de compléter ou nuancer ces définitions?

Que pensez-vous de l’idéologie qui refuse le spécisme et de l’abolitionnisme?

Veganisme, qu’est ce que ça veut dire ???

 6 mai 2010

Comme entrée en matière, je vous propose une rapide familiarisation avec les idées essentielles du sujet. En effet, j’ai remarqué que les questions qui reviennent le plus fréquemment sont : qu’est ce que le végétalisme, pourquoi devenir végétalien et que mange un végétalien. J’y réponds donc brièvement dans cet article afin d’éclairer ceux qui ne connaissent pas  encore le sujet.
Notez que ce n’est qu’une première approche, des explications plus détaillées viendront pour expliquer pourquoi et comment l’on devient vegan ; pour donner des renseignements sur les animaux, l’environnement et la société ; ainsi que des informations plus précises sur la nutrition sans produits animaux et l’équilibre alimentaire.

Définitions :

Végétarisme

Larousse : Régime alimentaire excluant toute chair animale (viande, poisson), mais qui admet en général la consommation d’aliments d’origine animale comme les œufs, le lait et les produits laitiers (fromage, yaourts).

Wikipédia : Le végétarisme est une pratique alimentaire qui exclut la consommation de chair animale, mais autorise parfois celle de certains produits du règne animal comme les produits laitiers, les œufs, le miel, etc.
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« Traduction » : Régime alimentaire excluant toute chair animale : toutes les viandes y compris les poissons et les fruits de mer, la gélatine, la présure, etc.

Végétalisme

Larousse : Régime alimentaire excluant tout aliment d’origine animale.

Wikipédia : Le végétalisme, ou végétarisme strict, est une pratique alimentaire qui, comme tout régime végétarien, exclut toute chair animale (viande, poissons, crustacés, mollusques, etc.) ainsi que les produits dérivés des animaux (gélatine, etc.), mais qui rejette, de surcroît, la consommation de ce qu’ils produisent (œufs, lait, miel, etc.). Le végétalien ne consomme donc aucun aliment provenant du règne animal.
Lire plus

« Traduction » : Régime alimentaire incluant uniquement des aliments d’origine végétale et excluant donc tous produits ayant une origine animale : les viandes mais aussi les oeufs, le lait, le miel, etc.

Végéta*isme

Pour information, ce terme est employé pour désigner à la fois le végétalisme et le végétarisme.

Vegan

Larousse : Le terme vegan n’est pas une entrée du dictionnaire.

Wikipédia : Le terme vegan est un néologisme anglo-saxon parfois traduit par « végétalien ». Il est employé en français aussi bien en adjectif qu’en nom commun. Il est parfois orthographié dans sa forme francisée « végane » ou « véganien ».
Au delà du choix d’un régime alimentaire végétalien (ni chair animale, ni sous-produit animal : lait, œufs, miel), un vegan évite tous les produits d’origine animale, que ce soit pour ses habits, chaussures, produits cosmétiques, objets divers, agriculture, loisirs. Les vegans n’utilisent donc ni cuir, ni laine, ni fourrure, ni soie, ni cire d’abeille, ni produits testés sur les animaux. La liste des produits d’origine animale d’usage quotidien serait trop longue à établir, quelques exemples :
* la gélatine dans les bonbons ou les pellicules photos
* l’albumine pour filtrer certains jus de fruits
* la colle de poisson pour blanchir certains alcools
* du sang ou des os calcinés comme engrais dans certaines formes traditionnelles d’agriculture
Le « veganisme » présente ainsi une dimension plus politique que le végétalisme, mot qui désigne plutôt le régime simplement alimentaire.
Lire plus

« Traduction » : Personne excluant tout produit issu de l’exploitation d’animaux. Tous les produits de consommation courante comme les vêtements, la nourriture, les objets divers, mais aussi les loisirs suivent cette éthique de vie.

9 raisons pour devenir vegan

Il existe des dizaines de raisons qui poussent un individu à devenir végéta*ien, chaque personne a son propre avis sur la question. Les raisons énumérées ci-dessous me sont personnelles, je vous en donne un petit échantillon à titre d’exemple.

  • pour ne pas causer la mort d’animaux
  • pour ne pas être complice des maltraitances animales
  • pour ne pas encourager mais stopper l’exploitation animale
  • pour protéger la biodiversité
  • pour préserver l’environnement
  • pour soigner sa santé
  • pour ne pas soutenir un système de production inadapté
  • pour vivre en harmonie avec soi-même et le monde
  • parce qu’il n’est pas interdit de penser par soi-même
  • parce que c’est beau quand même une vache, une poule, un brochet… aha on avait dit seulement 9 raisons, ok.

Que mange un végétalien ?

Un végétalien se nourrit de tout ce qui ne provient pas des animaux, c’est-à-dire céréales, fruits et légumes, légumineuses, plantes et champignons…
Un végétalien ne mange pas de chair animale (boeuf, porc, poisson, volaille, etc.), de produits laitiers, d’oeufs… Il est très difficile aujourd’hui de suivre un tel régime strictement car les produits animaux sont  cachés un peu partout dans l’alimentation industrielle (gélatine, os, sang…).
Cuisiner soi-même à partir de matières premières peut souvent être une solution à ce problème, selon moi cela a également pour effet d’entretenir des relations plus saines avec son alimentation.
Comme exemple, vous pouvez consulter les recettes de PIGUT, elles sont toutes végétaliennes et bien sûr délicieuses!

***

Entre nous :

Aviez-vous déjà entendu ces termes autour du vzganisme ? Les raisons du végétalisme vous étaient-elles connues ? Les comprenez-vous ?
Avez-vous déjà goûté des plats végétaliens ? En cuisinez-vous vous même ?
Végéta*iens, qu’est ce qui vous a poussé vers votre choix personnel ?

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